L'UNICEF et l'opposition se sont alarmés samedi de la situation en Syrie, où 400 000 civils sont bloqués dans la ville centrale de Homs en proie à des combats acharnés et où un prêtre italien est porté disparu depuis le début de la semaine.

Publié le 3 août 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

La Coalition nationale syrienne (CNS, opposition) a appelé à la libération immédiate du père jésuite italien Paolo Dall'Oglio qui s'était rendu à Raqa, dans le nord, pour rencontrer des jihadistes, et dont on est sans nouvelle depuis.

Elle a exprimé sa «grande inquiétude concernant la disparition du père Paolo il y a quatre jours à Raqa», et une ONG syrienne a dit craindre que le jésuite, un fervent opposant au régime de Bachar al-Assad, ait été enlevé par des jihadistes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), il voulait rencontrer des dirigeants de l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) pour tenter de négocier la libération de militants kidnappés par ce groupe.

L'UNICEF a pour sa part tiré la sonnette d'alarme sur le sort des femmes et des enfants de Homs, exhorté rebelles et forces du régime à lui permettre d'accéder aux quelque 400 000 civils bloqués dans la ville.

«La situation des femmes et des enfants dans Homs se détériore rapidement», a indiqué l'UNICEF dans un communiqué ajoutant que «de nouveaux barrages empêchent l'entrée de ravitaillement» dans le quartier rebelle de Waer (ouest).

«Ceux impliqués (dans les combats) ne peuvent-ils reconnaître que les femmes et les enfants à Homs, et dans toute la Syrie, doivent être épargnés de toute souffrance?» a déclaré Anthony Lake, directeur général de l'UNICEF.

À quelques jours de la fête musulmane du Fitr qui marque la fin du ramadan, aucune trêve ne semble en vue en Syrie.

Dans le nord, les combats entre Kurdes et jihadistes font rage, tandis que les rebelles se sont emparés d'un dépôt de munitions près de Damas à l'aube, selon l'OSDH.

En début de semaine, des groupes jihadistes proches d'al-Qaïda ont pris en otage 200 civils kurdes dans la province d'Alep, sans que l'on ne sache jusqu'à maintenant où se trouvent ces personnes ni quelles sont les exigences des ravisseurs pour les libérer.

La Coalition, qui jusqu'à présent avait gardé un silence embarrassé sur les combats entre Kurdes et jihadistes, a souligné que «les milices d'Assad doivent être l'unique cible visée» par la rébellion.

Près de la frontière libanaise, les corps de trois personnes, dont celui d'un membre du conseil de la ville de Deir Attiya, Ahmad Marmar, ont été retrouvés à proximité de l'hôpital Al-Qalamoun, tués par balle, a indiqué l'agence officielle Sana.

En outre, six Syriens ont été tués et neuf blessés alors qu'ils tentaient de passer la frontière vers le Liban, selon l'un des blessés.

Vendredi, la violence a causé la mort de 110 personnes à travers la Syrie, selon l'OSDH, et depuis le début du conflit plus de 100 000 personnes ont péri selon l'ONU.