Bahreïn a annoncé lundi que le dialogue national, convoqué par le roi pour relancer les réformes politiques après la répression de la contestation en mars, s'ouvrirait samedi alors que l'opposition chiite n'a pas encore tranché sur sa participation à ce forum.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Annoncé initialement pour le 1er juillet, le dialogue national ne commencera que «le samedi 2 juillet», a déclaré le président de la Chambre des députés, Khalifa Dhahrani, qui dirigera ce dialogue.

En prévision de cette échéance, la direction du dialogue a été saisie de 150 contributions écrites sur les sujets qui devraient être évoqués lors du dialogue, auquel ont été invitées 300 personnalités représentant entre autres les groupes politiques et les organisations de la société civile, a-t-il ajouté.

Selon lui, devront être abordées les questions des droits de l'Homme, des prérogatives de la Chambre des députés, de la formation du gouvernement, du découpage électoral, de la naturalisation, de la lutte contre la corruption et des tensions confessionnelles, en plus des questions sociales et économiques.

Bahreïn s'apprête à entamer «une période historique et extrêmement importante» avec ce dialogue national, appelé à «renforcer les réformes et l'expérience démocratique», entamée en 2001 avec le rétablissement du Parlement dissous en 1975, a-t-il ajouté.

Le dialogue avait été convoqué par le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa à la veille de la levée, le 1er juin, de l'état d'urgence en vigueur à Bahreïn depuis la répression en mars des protestations hostiles au régime.

Mais la tension reste vive à Bahreïn, un pays à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite, et le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq, n'a pas encore fait savoir s'il allait participer ou pas au dialogue.

«Le Wefaq n'a pas encore pris de décision officielle sur sa participation ou pas au dialogue national», a répété lundi un dirigeant du groupe, Khalil Marzouk, sur la page du Wefaq sur le réseau social Facebook.

Le chef du Wefaq, cheikh Ali Salmane, avait indiqué samedi à l'AFP que les circonstances actuelles n'aideraient pas à la «réussite» du dialogue, contestant aussi M. Dhahrani, «une personnalité qui ne croit pas au changement»

Pour protester contre la dure répression des manifestants chiites qui ont pris possession des rues de Manama de la mi-février à la mi-mars, le Wefaq avait retiré ses 18 élus du Parlement.

Des élections partielles ont été convoquées pour le 24 septembre afin de pourvoir les sièges des députés démissionnaires.

Le prince héritier, cheikh Salman ben Hamad, avait proposé en février un dialogue national alors que l'opposition réclamait de profondes réformes et la démission du premier ministre, cheikh Khalifa ben Salman, en poste depuis 40 ans et considéré comme un dur du régime.

La vague de protestation populaire et sa répression ont fait entre la mi-février et la mi-mars 24 morts, selon Manama. Quatre manifestants sont morts depuis en détention.