Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, hospitalisé depuis cinq semaines en Arabie saoudite, va retourner «bientôt» au Yémen, a annoncé samedi le vice-ministre de l'Information Abdo al-Janadi sans vouloir préciser la date de son retour.

Mis à jour le 16 juill. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le président est en bonne santé. Il va revenir bientôt au Yémen, mais attend la décision de ses médecins», a déclaré le responsable lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur les rumeurs faisant état d'un retour du chef de l'État à Sanaa dès dimanche ou lundi, M. Janadi a répondu qu'il ne pouvait pas confirmer ces informations.

M. Saleh avait été blessé dans une attaque à la bombe contre son palais à Sanaa le 3 juin et hospitalisé dès le lendemain en Arabie saoudite.

Il était apparu pour la première fois à la télévision le 7 juillet, le visage brûlé, recouvert de bandages.

Le 10 juillet, la télévision a diffusé des images montrant le président en meilleure forme, même si les brûlures étaient toujours visibles sur son visage, recevant John Brennan, conseiller du président américain Barack Obama pour l'antiterrorisme, à l'hôpital militaire de Ryad.

Selon Washington, M. Brennan a demandé au président yéménite de signer un accord sur le transfert du pouvoir élaboré par les monarchies arabes du Golfe.

Le jour même, le président yéménite a déclaré que ce plan offrait «une issue» à la crise au Yémen.

Depuis le départ de M. Saleh, le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi assure de facto l'intérim, mais n'a pas été désigné officiellement par le chef de l'État pour diriger le pays.

L'opposition réclame la mise en place d'un conseil intérimaire pour empêcher un retour du président.

Un des groupes de jeunes qui campent depuis le mois de février sur une place de Sanaa pour réclamer le départ du président, au pouvoir depuis 33 ans, a annoncé samedi la création d'un «Conseil présidentiel» formé de 17 personnalités.

Ce Conseil «sera chargé de diriger le pays pendant une période transitoire n'excédant pas neuf mois et de former un gouvernement de technocrates», a déclaré lors d'une conférence de presse Tawakol Karman, l'une des meneuses du mouvement de contestation.

Cette instance regroupe notamment des personnalités des différents partis de l'opposition, ainsi que l'ancien président de l'ex-Yémen du Sud, Ali Nasser Mohammad, l'ancien Premier ministre sudiste Haïdar Abou Bakr al-Attas et un opposant historique en exil, Abdallah al-Hakimi.

«Nous avons décidé d'annoncer la formation de ce conseil présidentiel à la suite des rumeurs selon lesquelles Saleh rentrerait dimanche ou lundi», a affirmé à l'AFP Hachem al-Ibara, l'un des responsables de la coalition des Jeunes de la révolution.

La formation de ce Conseil ne semble cependant pas jouir de l'appui des autres composantes du mouvement de contestation qui secoue le Yémen depuis janvier, notamment de l'opposition parlementaire.