Des centaines de manifestants défilaient jeudi à Alep (nord), la deuxième ville et centre économique de la Syrie, pour réclamer des libertés et les forces de sécurité sont intervenues, ont annoncé jeudi des militants des droits de l'Homme faisant état de deux blessés.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Des centaines de manifestants défilent dans la plupart des quartiers d'Alep», a déclaré Abdel Karim Rihaoui, le président de la ligue syrienne des droits de l'Homme.

«Les forces de sécurité dispersent par la force les manifestants rassemblés pour réclamer des libertés», a-t-il ajouté, faisant état de «deux blessés dans les violences».

Un autre militant joint par téléphone à Alep a évoqué l'intrusion de «combattants loyaux au régime qui organisaient une contre-manifestation» dans les rangs des manifestants.

«Des combattants loyaux au régime ont pénétré les rangs des manifestants et attaqués les protestataires près de la citadelle», un point touristique d'Alep, a précisé ce militant sous couvert d'anonymat.

Une mosquée de Seif al-Dawla a été fermée par les autorités, a-t-il ajouté.

La deuxième ville du pays, bastion du régime, n'avait jusqu'alors pas été le théâtre de manifestations, pourtant massives dans plusieurs villes de Syrie depuis le début de la contestation sans précédent du régime de Bachar al-Assad le 15 mars.

«Les Révolutionnaires, venez des provinces d'Alep et d'Idleb et entrez dans le coeur d'Alep demain jeudi pour manifester et allumer l'étincelle de la Révolution», avaient écrit les militants des droits de l'Homme sur leur page Facebook, moteur de la vague de contestation.

Par ailleurs, des troupes syriennes, appuyées par des chars, ont pénétré jeudi dans des villages de la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, a indiqué à l'AFP un militant des droits de l'Homme.

«Environ 60 chars et 100 transports de troupes sont sortis du village d'Al-Barra se divisant en deux groupes, l'un se dirigeant vers le village de Kfar Nabl et l'autre allant vers Kansafra», a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres.

Cette opération survient au lendemain de la mort de 10 civils tués par les forces syriennes, dans cette même région, dans des villages de la région de Jabal al-Zawiyah (nord-ouest), selon des militants.

Depuis mardi, les soldats appuyés par des blindés et des chars ont étendu leurs opérations de ratissage dans la province d'Idleb, notamment à Al-Rami, situé non loin de l'autoroute menant à Alep.

Depuis le début de la révolte contre le régime de Damas, plus de 1300 civils ont été tués et 10 000 personnes arrêtées par les forces syriennes, selon des ONG.