Seize détenus ont été tués lors d'une explosion dans une prison au Kazakhstan, alors qu'ils s'étaient mutinés et essayaient de s'évader, a indiqué mardi à l'AFP Soultan Koussetov, un représentant du ministère de la Justice de ce pays d'Asie centrale.

Mis à jour le 12 juill. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'explosion s'est produite dans une prison de haute sécurité à Balkhach dans la région de Karaganda (est du pays), a-t-il précisé.

Les forces de l'ordre avaient lancé dès lundi l'assaut sur cet établissement pour neutraliser des détenus qui s'étaient mutinés.

«Nous avons rempli notre objectif principal. Ceux qui ont essayé de fuir n'ont pas pu partir», a indiqué M. Koussetov.

Les causes de l'explosion restent néanmoins encore à établir, a-t-il ajouté, précisant qu'il n'excluait pas la possibilité que les détenus aient eux-mêmes provoqué cette explosion.

«Ils se sont probablement eux-mêmes explosés car ils ne voulaient pas se rendre aux autorités», a-t-il déclaré.

«Ils savaient qu'ils avaient (...) blessé des officiers et tué l'un d'eux et qu'il n'y aurait désormais pas de grâce pour eux», a-t-il renchéri.

La mutinerie, qui s'est soldée par cette explosion, avait débuté dans la nuit de dimanche à lundi.

Un porte-parole du ministère kazakh de l'Intérieur, Janataï Sembekov, avait indiqué lundi à l'AFP qu'une dizaine de détenus avaient tué un gardien et en avaient blessé d'autres lors de fusillades.

«La logique veut qu'ils aient obtenu leurs armes via des complices, avec lesquels ils ont planifié l'évasion», a déclaré M. Koussetov.

Une source au sein des forces de l'ordre avait précisé lundi à l'agence Interfax-Kazakhstan que les détenus avaient pris en otage une trentaine d'autres prisonniers, mais cette information a été démentie mardi par le ministère kazakh de la Justice dans un communiqué.

Parmi ceux qui ont tenté de s'évader se trouvait un homme reconnu coupable d'«appartenir à une organisation religieuse extrémiste», a par ailleurs indiqué M.Koussetov.

Les prisons du Kazakhstan, ancienne république soviétique, qui regorge d'hydrocarbures, sont régulièrement le théâtre d'actes de protestation ou d'émeutes, les prisonniers dénonçant les mauvaises conditions de détention.