(Bogota) Au moins une personne a été tuée et plusieurs bâtiments publics ont été détruits lors d’une nouvelle violente nuit de protestations dans le sud de la Colombie, théâtre depuis 20 jours de manifestations contre le gouvernement.

Agence France-Presse

Selon les autorités, un homme est mort à la suite d’affrontements qui ont éclaté dimanche soir lorsque trois postes de police ont été attaqués dans la municipalité de Yumbo (Sud-Ouest).

Parallèlement, plusieurs bâtiments gouvernementaux et bureaux de banques ont été détruits dans la ville de La Plata (Sud) lors de violences où quatre policiers ont été blessés.

« Les habitants de Yumbo voulaient défiler pacifiquement, mais d’autres voulaient provoquer le chaos », a déclaré lundi à une radio locale le maire Jhon Jairo Santamaria, faisant état de seize blessés, dont certains grièvement.

La police a pour sa part indiqué que six de ses membres ont été blessés et qu’ils avaient été visés « avec des armes à feu ».

Ces deux mouvements de violence sont survenus après une rencontre dimanche à Bogota entre le gouvernement et l’organisation la plus représentative des manifestants pour chercher une solution à la crise qui a éclaté le 28 avril.

Les discussions avec le Comité national de grève, qui ne comprend pas tous les secteurs qui protestent contre le gouvernement, devaient reprendre lundi à 14 h locales (15 h HAE).

Selon ce Comité, au moins 50 personnes sont mortes, 578 ont été blessées (dont 37 aux yeux), 524 ont disparu et 21 femmes ont subi des violences sexuelles depuis 20 jours.

Un policier est mort selon le ministère de la Défense qui chapeaute le maintien de l’ordre en Colombie, qui comptabilise plus de 1500 blessés parmi les civils et les policiers.

Les syndicats, les étudiants et autres organismes constitués membres du Comité demandent « l’arrêt de la violence contre les manifestants ».

Le président conservateur Ivan Duque dit condamner « explicitement et avec force les abus des forces de sécurité » et le gouvernement exige la levée des blocages routiers qui paralysent l’approvisionnement dans plusieurs villes.

La Colombie est en proie à une forte mobilisation sociale contre le gouvernement, marquée par des violences meurtrières dans ce pays dont l’économie s’est détériorée avec la pandémie de COVID-19.