(Guatemala) Des centaines de personnes ont manifesté pour le troisième samedi consécutif dans la capitale du Guatemala pour exiger la démission du président Alejandro Giammattei, qu’ils accusent de gouverner de manière opaque et pour demander que soient résolus les problèmes sociaux comme la pauvreté et la malnutrition des enfants.

Agence France-Presse

« Dehors Giammattei, dehors Giammattei ! », ont scandé les participants de la manifestation sur une place du centre historique de la capitale guatémaltèque. La veille, le président a appelé les citoyens au dialogue dans une tentative d’apaiser la crise déclenchée mi-novembre par l’adoption du budget de l’État pour 2021 qui, selon les manifestants, ne répondait pas aux problématiques les plus urgentes du pays.

« C’est une technique (l’appel au dialogue) qu’utilise (Giammattei) pour donner du pain et des jeux (au peuple) et que nous soyons satisfaits, mais nous voulons des changements structurels », a expliqué à l’AFP Camila Hernandez, responsable étudiante de l’université privée Rafael Landivar.

Mme Hernandez a précisé qu’il « est impossible » pour M. Giammattei de rester en fonction avec « son peu de légitimité » après « la crise de sa gouvernance » provoquée par l’adoption du budget.

Le Parlement a suspendu le 23 novembre le budget, dont l’adoption a provoqué de violentes manifestations au cours desquelles le siège du Parlement a été incendié.

Le président a annoncé que des réunions de « dialogue et de consultation » commenceront la semaine prochaine afin de réorienter le budget vers la reprise économique et la reconstruction du pays après la pandémie de COVID-19 et les ouragans Eta et Iota au début du mois de novembre.

Le 20 novembre, le vice-président Guillermo Castillo avait proposé à M. Giammattei qu’ils démissionnent ensemble « pour le bien du pays », l’accusant de ne pas répondre aux demandes de transparence des citoyens.

« Nous voulons des changements profonds, pas des sottises superficielles » et « Changeons le système à la racine. Démissionnez les corrompus », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants, accompagné de musiciens.

Lors du rassemblement, plusieurs personnes demandaient la démission des députés du gouvernement, accusés de promouvoir un programme corrompu, et ont appelé à une réforme de la Constitution.

« Ce système (politique) est dépassé, c’est un système corrompu », a dit Mario Enriquez, un des protestataires qui faisait flotter un drapeau du Guatemala en face du Palais national, ancien siège du gouvernement protégé par des dizaines de policiers.