(Rio de Janeiro) La police brésilienne a annoncé avoir perquisitionné mardi le domicile de Luciano Bivar, président du Parti Social Libéral (PSL), formation politique du président Jair Bolsonaro actuellement sous la menace d’une implosion, dans le cadre d’une affaire de candidatures fictives.

Agence France-Presse

Les perquisitions ont eu lieu à neuf adresses différentes, selon la Police fédérale, dont la résidence de M. Bivar à Recife et le siège du parti de droite dans cette ville du nord-est du Brésil.

D’après les enquêteurs, « des représentants locaux du parti auraient occulté ou omis de présenter des mouvements de fonds du système de financement public des partis, notamment destinés à des candidatures féminines ».  

Le PSL est notamment accusé d’avoir lancé lors des élections générales il y a un an des candidatures de femmes n’ayant aucune chance d’être élues, uniquement pour obtenir des financements publics soumis à la parité. La loi électorale stipule que 30 % de ces fonds publics doivent être alloués à la campagne de candidatures féminines.

Ce nouveau rebondissement dans cette affaire de candidatures fictives a lieu dans un climat de grande tension entre le président Bolsonaro et son parti.

De nombreuses rumeurs rapportent l’intention du chef de l’État de quitter cette formation qu’il a rejointe en mars 2018, en raison de ces accusations de détournement de fonds de campagne qui ont éclaboussé des membres de haut rang du gouvernement.

Le 4 octobre, le Parquet a requis la mise en examen du ministre du Tourisme, Marcelo Alvaro Antonio, qui a été maintenu à son poste en dépit des soupçons d’implication dans ce scandale.

Si Jair Bolsonaro venait à quitter le PSL, ce serait son neuvième changement de parti en trente ans de vie politique.

Lundi soir, le porte-parole de la présidence a déclaré que « tout mariage (pouvait) aboutir à un divorce », tout un précisant que ce « divorce » n’était pas à l’ordre du jour, « du moins pour le moment ».

D’après le journal Folha de S. Paulo, qui cite des sources proches de la présidence, la perquisition au domicile de M. Bivar pourrait constituer un prétexte pour que des parlementaires du PSL quittent le parti et rejoignent une autre formation avec Jair Bolsonaro.

Les avocats du président du PSL ont affirmé mardi dans un communiqué que ces perquisitions étaient « étranges », vu les « turbulences politiques » actuelles.  

Un procureur chargé de l’affaire a rejeté toute idée de « représailles » liées aux tensions entre Luciano Bivar et Jair Bolsonaro, précisant avoir réclamé les perquisitions dès le mois d’août.