(San Salvador) Le président du Salvador, Nayib Bukele, souhaite voir son pays conclure avec les États-Unis un accord migratoire séparément du Honduras et du Guatemala, les deux autres pays du « Triangle du Nord » centraméricain.

Agence France-Presse

« Nous plaidons aux États-Unis pour ne pas être considérés à l’échelle du Triangle Nord mais à celle du Salvador », a déclaré lundi soir M. Bukele lors d’une conférence de presse avec son cabinet chargé des questions de sécurité.

La politique migratoire « est une priorité », a-t-il poursuivi, soulignant que c’était la raison pour laquelle la ministre des Affaires étrangères Alexandra Hill se trouvait à Washington pour des démarches auprès du gouvernement et du Congrès.

« Parfois nous sommes considérés en tant que Triangle du Nord et je crois que c’est un peu injuste, ici au Salvador nous combattons la délinquance directement », a-t-il insisté. « Une région peut être sanctionnée en raison des agissements de gouvernements sur lesquels nous n’avons aucune incidence ».

Depuis octobre dernier, l’émigration de Honduriens, Guatémaltèques et Salvadoriens a augmenté vers les États-Unis avec l’organisation de « caravanes ». En juin, la photographie des corps d’un père salvadorien et de sa petite fille gisant au bord du Rio Grande avait provoqué émoi et colère.

Washington a supprimé en mars ses aides au « Triangle du Nord » à la demande du président Donald Trump qui les accuse de ne « rien » faire pour empêcher les migrants d’aller aux États-Unis.

M. Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale une de ses priorités, cherche à la fois à endiguer les flux et à augmenter les expulsions de clandestins.

Le président salvadorien a indiqué qu’il plaiderait pour ses compatriotes lors d’une réunion « à haut niveau » prévue prochainement. Il compte plaider tant pour les Salvadoriens détenus à la frontière sud des États-Unis que pour ceux qui tentent chaque jour de la traverser et ceux qui bénéficient depuis 2001 du statut de protection temporaire (TPS) lequel vient à échéance l’an prochain.

Selon M. Bukele, des discussions sont en cours avec Washington sur une convention de « visas temporaires de travail » permettant aux Salvadoriens de se rendre aux États-Unis pour des travaux agricoles.

Au plan intérieur, M. Bukele a indiqué que son gouvernement faisait tout son possible pour « dissuader et réduire les migrations forcées », combattre la délinquance et créer des emplois.

Actuellement, quelque 3 millions de Salvadoriens vivent aux États-Unis et leurs versements envoyés à leurs familles ont représenté quelque 5,46 milliards de dollars en 2018 soit près de 16 % du produit intérieur brut (PIB).

Parallèlement, M. Bukele a affirmé qu’en matière de drogue, le Salvador saisit 75 % de la cocaïne que des groupes criminels tentent de faire entrer aux États-Unis alors que ce taux n’est que de 2 à 3 % au Honduras et que la moyenne pour le Triangle Nord s’établit à 30 %.