(Nations unies) L’ONU a tiré la sonnette d’alarme vendredi sur l’insécurité alimentaire au Niger, où plus de 3 millions de personnes en sont victimes, et au Mali, où 200 000 enfants risquent de mourir de faim sans aide humanitaire.

Au Niger, où des militaires ont pris le pouvoir fin juillet, plus de 3,3 millions de personnes soit 13 % de la population, sont en situation de grave insécurité alimentaire, ont indiqué des agences de l’ONU dans un communiqué.

Comme les prix alimentaires ont augmenté depuis un mois, jusqu’à 21 %, cette situation pourrait encore s’aggraver, prévient l’ONU.

« Plus de 7 millions de personnes (environ 28 % de la population) pourraient tomber dans l’insécurité alimentaire grave en raison de la hausse des prix et des pertes de revenus entrainées par la crise politique actuelle », met en garde l’ONU, qui s’inquiète des restrictions d’accès pour l’aide humanitaire.

Plus de 7300 tonnes de denrées du Programme alimentaire mondial (PAM) sont bloquées en raison de la fermeture des frontières. Et le plan d’humanitaire de l’ONU pour le Niger pour 2023, chiffré à 584 millions de dollars, n’est financé qu’à 40 %.  

L’ONU « s’inquiète fortement de toute suspension ou interruption des financements des donateurs » en raison du coup d’État de militaires qui ont renversé le président Mohamed Bazoum le 26 juillet dernier.

Au Mali voisin, « la combinaison d’un long conflit armé, de déplacements internes et de restrictions à l’accès humanitaire risque de pousser près d’un million d’enfants de moins de 5 ans vers une malnutrition grave d’ici décembre 2023, avec au moins 200 000 menacés de mourir de faim si une aide cruciale ne peut leur être apportée », a mis en garde l’UNICEF dans un communiqué.

Selon l’agence onusienne, près d’un quart de la population malienne souffre d’insécurité alimentaire modérée ou grave, et « pour la première fois dans le pays, plus de 2500 personnes sont menacées de famine dans la région de Ménaka, dont beaucoup d’enfants ».

Ce cri d’alarme intervient alors que la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (Minusma) a commencé à quitter le pays et que les Nations unies s’inquiètent de l’impact de ce retrait réclamé par Bamako sur les opérations humanitaires jusqu’alors protégées par les Casques bleus.

« La Mali traverse une crise humanitaire complexe et a besoin de soutien urgent pour éviter une catastrophe pour les enfants, qui encore une fois payent le prix d’une crise dont ils ne sont pas responsables », a dénoncé Ted Chaiban, un responsable de l’action humanitaire de l’UNICEF.