(Washington) Les États-Unis estiment désormais formellement que Paul Rusesabagina, le héros qui a inspiré le film Hôtel Rwanda, est « injustement détenu » par la justice rwandaise, a déclaré jeudi un porte-parole de la diplomatie américaine.

Publié le 19 mai
Agence France-Presse

Paul Rusesabagina purge actuellement une peine de 25 ans de prison pour « terrorisme » après un procès qualifié par ses proches de « simulacre » truffé d’irrégularités. La Cour d’appel du Rwanda a confirmé début avril la peine de l’opposant de 67 ans, qui est malade.

Après sa première condamnation en septembre, Washington avait déjà dit craindre qu’il n’ait pas bénéficié d’un procès équitable. Le département d’État américain a désormais formellement classé son cas parmi ceux des personnes « injustement détenues », a affirmé à l’AFP un porte-parole.

Cette décision s’appuie « notamment sur l’absence des garanties liées à un procès équitable », a-t-il ajouté, précisant que les États-Unis ne se prononçaient pas sur « sa culpabilité ou son innocence ».

Conséquence concrète, la diplomatie américaine devrait désormais plaider ouvertement pour sa libération auprès des autorités de Kigali.

Paul Rusesabagina a été rendu célèbre par le film Hôtel Rwanda, sorti en 2004, qui raconte comment ce Hutu modéré qui dirigeait l’Hôtel des Mille Collines dans la capitale rwandaise a sauvé plus de 1000 personnes durant le génocide des Tutsi en 1994.

Opposant depuis plus de 20 ans au président rwandais Paul Kagame, qu’il a accusé d’autoritarisme et d’alimenter un sentiment anti-Hutu, l’ancien hôtelier a utilisé sa renommée hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions.

Il vivait depuis 1996 en exil aux États-Unis et en Belgique, avant d’être arrêté à Kigali en août 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d’un avion qu’il pensait à destination du Burundi.