(Mogadiscio) Au moins dix personnes ont été tuées, parmi lesquelles des responsables politiques locaux, lors d’un attentat suicide revendiqué par les djihadistes shebab samedi dans un restaurant de Beledweyne, dans le centre de la Somalie, ont indiqué la police et des témoins.  

Publié le 19 février
Agence France-Presse

Plusieurs hauts fonctionnaires locaux font partie des tués et au moins seize personnes ont été blessées, a indiqué par téléphone à l’AFP Mohamud Hassan, un policier local, en ajoutant qu’un kamikaze était à l’origine de l’explosion.  

« C’est le pire attentat que j’ai connu dans cette ville », a-t-il ajouté, alors que la sécurité avait été renforcée à Beledweyne, à 340 km au nord de Mogadiscio, en raison d’élections locales.

« Un combattant martyr shebab est entré dans ce lieu […] et parmi les tués figurent le gouverneur adjoint de la région d’Hiiran, le chef adjoint des affaires sociales du district de Beledweyne et le chef adjoint des services de renseignement de Beledweyne », ont affirmé les shebab dans un bref communiqué revendiquant l’attentat.  

Selon des témoins, l’explosion a ravagé une terrasse du restaurant Hassan Dhiif, où les gens s’étaient rassemblés à la mi-journée pour déjeuner.  

Un témoin, Mahad Osman, a indiqué avoir vu les corps de plusieurs morts et que de nombreuses victimes avaient été emmenées à l’hôpital local.  

« Beaucoup de gens attendaient d’être servis lorsque l’explosion s’est produite », a-t-il indiqué en décrivant la scène de sanglant chaos qui a suivi.  

La Somalie, et particulièrement sa capitale Mogadiscio, ont été ces dernières semaines le théâtre de multiples attaques pour la plupart revendiquées par le mouvement djihadiste des shebab, toujours très implanté dans les zones rurales.  

La Somalie devrait avoir terminé le vote pour la chambre basse du parlement le 25 février, avec plus d’un an de retard.  

Un conflit oppose le président Mohamed Abdullahi Mohamed, plus connu sous le surnom de Farmajo, au premier ministre Mohamed Hussein Roble au sujet des retards répétés pris dans le processus électoral, qui inquiètent les bailleurs de fonds internationaux de la Somalie.  

Les élections en Somalie suivent un modèle indirect complexe, dans lequel les députés des États et les délégués des clans choisissent les représentants du parlement national, qui à leur tour désignent le président.  

Le vote pour la chambre haute s’est achevé l’année dernière, tandis que les délégués des clans ont jusqu’à présent élu 159 des 275 députés qui siègent à la chambre basse.

Les États-Unis ont appelé dans un communiqué vendredi les dirigeants somaliens à organiser les élections d’une « manière crédible et transparente » d’ici le 25 février. « Les États-Unis demanderont des comptes à ceux qui font obstruction au processus ou le compromettent », selon le texte.