(Nairobi) L’ONU va évacuer d’ici le 25 novembre les familles de ses employés internationaux en Éthiopie, où les combats ont progressé vers la capitale, selon un document officiel daté de lundi et consulté mardi par l’AFP.  

Agence France-Presse

Ce document interne des services de sécurité de l’ONU demande à l’organisation de « coordonner l’évacuation et d’assurer que tous les membres admissibles des familles du personnel recruté à l’étranger quittent l’Éthiopie au plus tard le 25 novembre 2021. »

Le 7 novembre, le Canada a appelé ses ressortissants à quitter l’Éthiopie et a décidé de retirer tout son personnel non essentiel et les membres des familles de ses diplomates de l’Éthiopie, où la guerre, qui a commencé au Tigré, fait rage depuis plus d’un an dans le nord du pays.

La France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont entre autres appelé leurs citoyens à quitter ce pays de la Corne de l’Afrique où la communauté internationale ne parvient pas à obtenir un cessez-le-feu.  

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a récemment averti des risques « d’implosion » de l’Éthiopie si aucune solution politique au conflit n’est trouvée.

Le premier ministre Abiy Ahmed a envoyé début novembre 2020 l’armée fédérale au Tigré afin de destituer les autorités de cette région, issues du Front de libération du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.

M. Abiy, Prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin, les combattants pro-TPLF ont repris l’essentiel du Tigré et ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Fin octobre, le TPLF a revendiqué la prise de deux villes-clés en Amhara, se rapprochant ainsi de la capitale-ce qu’avait démenti le gouvernement éthiopien.

Le TPLF, qui s’est allié avec un groupe rebelle oromo actif dans la région qui entoure la capitale et n’exclut pas de « marcher » sur elle, a affirmé cette semaine se trouver à Shewa Robit, à 220 km au nord-est d’Addis Abeba.

Le gouvernement n’a pas commenté cette information.  

Selon des diplomates au fait de la situation sécuritaire, certains combattants rebelles auraient atteint la localité de Debre Sina, plus proche d’environ 30 km de la capitale.

Les communications sont coupées dans les zones de combats et l’accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante.

Lundi, M. Abiy a dit vouloir aller sur le front pour diriger les soldats affrontant les rebelles.