(Addis Abeba) Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a dit lundi vouloir aller sur le front pour diriger les soldats affrontant les rebelles, alors que le conflit se rapproche de la capitale Addis Abeba.

Agence France-Presse

« À partir de demain, je serai mobilisé sur le front pour mener les forces armées », a déclaré le premier ministre dans un communiqué posté sur Twitter. « Ceux qui veulent être parmi les enfants éthiopiens qui seront salués par l’histoire, levez-vous pour le pays aujourd’hui. Retrouvons-nous au front ».

La guerre entre les autorités éthiopiennes et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) soutenu par l’Armée de libération oromo (OLA), déclenchée le 4 novembre 2020, a fait jusqu’à présent des milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes.

Les déclarations du premier ministre interviennent alors que le TPLF affirme progresser vers Addis Abeba, revendiquant le contrôle de Shewa Robit, ville située à environ 220 km de route au nord-est de la capitale.

Les autorités n’ont pas répondu à une demande de commentaire sur cette revendication.  

Les déclarations d’Abiy Ahmed interviennent après une réunion lundi du comité exécutif du parti au pouvoir, le Parti de la prospérité, sur le conflit en cours.

À l’issue de cette réunion, le ministre de la Défense Abraham Belay a déclaré que les forces de sécurité seraient engagées « dans une action différente », sans plus de détails.

« Nous ne pouvons pas continuer ainsi, ce qui signifie qu’il va y avoir du changement », a-t-il dit. « Ce qui est arrivé et ce qui arrive à notre peuple, les exactions infligées par ce groupe destructeur, terroriste et voleur ne peuvent continuer ».  

Le gouvernement a déclaré le 2 novembre l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire et appelé les habitants d’Addis Abeba à s’organiser et à se préparer à défendre la capitale, le conflit dans la région septentrionale du Tigré s’étendant vers le sud et les régions alentour.

Les autorités estiment néanmoins que les avancées des rebelles et les menaces sur Addis Abeba sont exagérées.

En novembre 2020, Abiy Ahmed avait envoyé l’armée fédérale destituer les autorités de la région du Tigré, issues du TPLF, qui défiaient son autorité et qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.

Prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy avait proclamé la victoire le 28 novembre 2020, après la prise de la capitale régionale, Mekele, par l’armée éthiopienne. Mais en juin, les combattants pro-TPLF ont repris l’essentiel de la région et ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

L’émissaire de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, et son homologue américain Jeffrey Feltman, sont actuellement engagés dans des efforts diplomatiques pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu.