(Johannesburg) Une ex-policière accusée d’avoir orchestré le meurtre de cinq membres de sa famille et de son amoureux pour toucher des assurances vie : le procès de Nomia Ndlovu, glaçant feuilleton télévisé, fascine les Sud-Africains depuis deux semaines.

Agence France-Presse

Le comportement de cette femme de 46 ans, coiffée de chignons asymétriques, qui fronce un sourcil défiant ou prend des poses incongrues, dressant deux doigts pour former un V de victoire frivole à l’ouverture des audiences, ajoute au malaise.  

PHOTO EMMANUEL CROSET, AGENCE FRANCE-PRESSE

Nomia Rosemary Ndlovu répondant à une question durant son procès pour le meurtre de cinq membres de sa famille et de son amoureux, au palais de justice South Gauteng, à Johannesburg, le 27 septembre 2021.

Et son sang-froid face à des accusations terribles coupe le souffle.  

À la reprise lundi, l’ex-policière en robe vert vif et châle autour des épaules, grimace, plisse le nez face aux questions. Sa posture souple, un peu trop détendue, semble narguer le tribunal.

L’un après l’autre, le cousin, la sœur, le petit ami, la nièce, le neveu et un autre proche ont été retrouvés morts entre 2012 et 2017, matraqués, étranglés ou tués d’une balle.  

L’accusée aurait contracté des assurances vie et funéraires au nom de ses victimes, puis réclamé l’argent après leur mort. Elle nie tout en bloc. « Je ne suis pas la personne qui a souscrit les polices d’assurance de ma sœur » assassinée, dit-elle en tsonga (une des langues officielles de l'Afrique du Sud), avant traduction.

Selon l’accusation, elle aurait engrangé l'équivalent de 118 000 dollars canadiens grâce à son entreprise meurtrière.  

Des tueurs à gages sont soupçonnés d’avoir fait la plupart du sale boulot, mais Nomia Ndlovu se serait personnellement occupée de sa sœur Audrey, en empoisonnant son thé avant de l’étrangler.  

Elle prévoyait encore en 2018 de mettre le feu à la maison d’une autre de ses sœurs, mère de cinq enfants, dont un bébé, quand le tueur envisagé a craqué… et a prévenu la police.  

Elle a ainsi expliqué à l’homme, accompagné de son soi-disant complice, en fait un policier, qu’il fallait d’abord les assommer de somnifères puis leur remplir la bouche de chaussettes pour étouffer les cris.  

Quelques jours plus tôt, un autre tueur à gages avait vacillé à la vue de la vieille mère de l’accusée. Il a renoncé à son travail, a demandé un verre d’eau à la frêle dame et a quitté la maison.