(Rabat) Le Maroc a pris livraison à la mi-septembre d’une première commande de drones de combat turcs, selon le forum Far-Maroc, une page Facebook non officielle des forces armées marocaines (FAR), repris par plusieurs médias locaux.

Agence France-Presse

Rabat a commandé en avril au total 13 drones de combat Bayraktar TB2 « dans le cadre de la modernisation de l’arsenal des FAR afin de se préparer à faire face à tout danger et aux récentes hostilités », a indiqué le forum Far-Maroc, spécialisé sur les questions.

PHOTO TIRÉ DE LA PAGE FACEBOOK FAR MAROC

Un drone de combat de fabrication turque Bayraktar TB2, déployé par l’armée de l’air marocaine.

Cette livraison survient dans un contexte de crise diplomatique entre l’Algérie et le Maroc — les deux puissances voisines et rivales du Maghreb — provoquée par le contentieux du Sahara occidental.  

La récente normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël — en contrepartie d’une reconnaissance américaine de la « souveraineté » marocaine sur ce territoire — a encore avivé les tensions avec l’Algérie, fervent soutien de la cause palestinienne.  

À la suite du contrat passé avec la compagnie turque Baykar, d’un montant de 70 millions de dollars selon un chiffre mentionné par la presse, du personnel militaire marocain a suivi un programme de formation en Turquie ces dernières semaines, a précisé le site spécialisé.

L’entreprise privée Baykar, dirigée par un gendre du président Recep Tayyip Erdogan, a déjà exporté ces dernières années le Bayraktar TB2, son modèle vedette, en Ukraine, au Qatar et en Azerbaïdjan.

Le Maroc utilise déjà des avions sans pilote à des fins de renseignement et de surveillance de ses frontières, selon des experts militaires de ce pays.

En avril dernier, un des chefs des indépendantistes sahraouis du Front Polisario aurait été tué à la suite d’une frappe de drone marocaine, selon certaines informations non confirmées officiellement.

Après presque 30 ans de cessez-le-feu, les hostilités entre Polisario et le Maroc ont repris mi-novembre après le déploiement de troupes marocaines à l’extrême sud du Sahara occidental pour déloger des indépendantistes qui bloquaient la seule route vers l’Afrique de l’Ouest car cet axe routier est, selon eux, illégal.

Toutes les tentatives de règlement du conflit ont échoué jusqu’ici.

Rabat, qui contrôle près de 80 % du Sahara occidental, vaste territoire désertique où de grands chantiers de développement marocains ont été lancés ces dernières années, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté.

Le Polisario, lui, réclame un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU prévu lors de la signature d’un cessez-le-feu entre les belligérants en septembre 1991.