(Paris) Deux cadres du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS), Issa Al Sahraoui et Abou Abderahmane Al Sahraoui, ont été tués par les forces armées françaises dans la nuit de mercredi à jeudi au Mali, a-t-on appris vendredi auprès du cabinet de la ministre des Armées Florence Parly.

Le ministère des Armées avait annoncé jeudi « la neutralisation par les forces armées françaises » de la force Barkhane « de deux cadres de l’EIGS », sans en révéler l’identité, qui était « en cours de confirmation ».

Il s’agit d’Issa Al Sahraoui, « coordinateur logistique et financier de l’EIGS », et d’Abou Abderahmane Al Sahraoui, « qui était chargé de prononcer des jugements », a-t-on précisé vendredi.

Le premier « sévissait au Sahel depuis de nombreuses années. Il a notamment participé à l’attaque d’Inates contre les forces armées nigériennes en décembre 2019 et recrutait et formait des djihadistes ».

Le 10 décembre 2019, 71 soldats nigériens avaient péri dans cette attaque à Inates, dans l’ouest du Niger, proche du Mali.

Abou Abderahmane Al Sahraoui était connu pour ordonner les condamnations à mort. Ce djihadiste était actif dans les groupes armés terroristes au Mali depuis 10 ans.

Extrait du communiqué du ministère de la Défense

Selon des sources sécuritaires maliennes, il était à l’origine membre du MUJAO, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, qui fusionnera plus tard avec une autre organisation pour former l’État islamique au grand Sahara.

Ils ont été « neutralisés » lors d’une opération de la force Barkhane en coordination avec l’armée américaine, décidée « sur très court préavis » et après des « renseignements consolidés », contre un camp de l’organisation, dans la région de Ménaka.

« Plusieurs cadres de haut rang de l’EIGS avaient déjà été neutralisés au mois de juin, dont l’un des chefs de groupe, Dadi Ould Chaib, plus connu sous le nom d’Abou Dardar, ainsi que Almahmoud ag Baye alias Ikaray, important cadre de l’EIGS, proche du leader de l’EIGS Adnan Abou Walid al Sahraoui », a rappelé le ministère.

Pour le ministère, cette nouvelle opération entre dans le cadre de la stratégie de la France de cibler « les chefs et les cadres terroristes » et « illustre (sa) détermination à continuer la lutte contre les groupes armés terroristes, aux côtés de (ses) partenaires sahéliens et en coordination avec (ses) alliés européens et américain ».

Après plus de huit ans d’engagement important, le président français Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction de la présence militaire française au Sahel et la fin de l’opération antidjihadiste Barkhane (5100 soldats actuellement) au profit d’un dispositif resserré, recentré sur les opérations de contre-terrorisme et l’accompagnement au combat des armées locales, autour d’une alliance internationale associant des Européens.