(La Haye) Des pirates ont enlevé 15 membres d’équipage d’un navire-citerne au large du Bénin dans le Golfe de Guinée, après avoir grimpé à bord, a annoncé vendredi la compagnie maritime néerlandaise à laquelle il appartient.

Jan HENNOP
Agence France-Presse

La piraterie est depuis longtemps un risque majeur dans le golfe de Guinée, une route commerciale longeant les côtes d’Afrique de l’Ouest, du Sénégal à l’Angola.  

Transportant des produits chimiques, le navire baptisé Davide B a été pris d’assaut par des pirates jeudi après-midi, alors qu’il naviguait à quelque 210 milles nautiques (389 kilomètres) au sud de Cotonou, au Bénin, a déclaré la compagnie De Poli Shipmanagement.

« Six autres marins sont sains et saufs et se trouvent toujours à bord du navire, qui est actuellement assisté par le personnel de sécurité arrivé sur les lieux », a indiqué la société basée à Barendrecht, près de la ville portuaire néerlandaise de Rotterdam.

Le Davide B, construit en 2016 et battant pavillon maltais, effectuait un « voyage commercial » entre Riga en Lettonie et Lagos au Nigeria, a-t-elle précisé.

« La direction de la compagnie est très préoccupée par le bien-être de l’équipage disparu », a réagi son porte-parole, Cor Radings.  

« Notre principale priorité est désormais d’établir le contact avec l’équipage disparu afin d’obtenir leur libération la plus rapide et en toute sécurité », a-t-il déclaré à l’AFP.

M. Radings a ajouté ne pas disposer d’informations sur l’état actuel des marins kidnappés, et ne pas pouvoir donner plus de détails sur ces derniers, qui sont supposés être Russes, Ukrainiens et Philippins.

Attaques contre rançons

Les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre des rançons sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe de Guinée, qui s’étend sur 5700 km, perpétrées essentiellement par des pirates nigérians.

L’année dernière, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde ont eu lieu dans ce golfe, soit plus de 95 %, selon un récent rapport du Bureau international maritime.  

Cette année seulement, 16 actes de piraterie ont été commis dans la région, d’après le cabinet spécialisé en sécurité maritime Dryad Global.

Les transporteurs maritimes affirment que les pirates se sont professionnalisés et ont étendu leur présence, attaquant désormais des navires en haute mer. Cette situation les pousse à réclamer une présence navale étrangère renforcée, comme celle déployée il y a dix ans au large de la Somalie.

Plusieurs lobbies de transporteurs danois, indien ou encore chypriote, plaident ainsi pour un changement de stratégie face à ces tactiques plus sophistiquées.  

Le plus grand transporteur en mer au monde, Maersk, a appelé début mars au déploiement rapide d’une importante intervention maritime internationale pour lutter contre la piraterie dans le Golfe de Guinée.

« En 2021, aucun marin ne devrait avoir peur de naviguer nulle part à cause des pirates, on n’en est plus à l’âge de la piraterie ! », avait déclaré à l’AFP Aslak Ross, en charge des normes maritimes chez le géant danois.