(Tunis) Quatre nouveaux corps de migrants ont été repêchés en Méditerranée mardi après le naufrage dimanche dernier d’une embarcation au large de la Tunisie, qui a fait au moins 21 morts, selon un bilan du tribunal de Sfax (centre-est).

Agence France-Presse

Sept survivants avaient été secourus dimanche, pour la plupart des Ivoiriens.  

Dix-sept corps ont été repêchés ces trois derniers jours et il n’y a plus d’espoir de retrouver vivants les quatre ou cinq passagers toujours portés disparus, a indiqué à l’AFP Mourad Turki, porte-parole du tribunal de Sfax.

Le bateau transportait 28 ou 29 personnes, dont deux Tunisiens et des personnes originaires de pays d’Afrique subsaharienne, selon les propos des survivants rapportés par M. Turki.

Outre les deux hommes tunisiens dont les corps ont été retrouvés, sept femmes de 20 à 30 ans et trois enfants, dont un nourrisson, font partie des victimes.

« La plupart des passagers se connaissaient entre eux, certains travaillaient en Tunisie depuis plusieurs mois », a précisé M. Turki.

Ils avaient pris la mer au moment où la pandémie et ses retombées sociales ont fragilisé les migrants en Tunisie.

« On a vu partir cet été beaucoup d’Ivoiriens, y compris de nombreuses femmes, dans un contexte dans lequel les migrants ont de plus en plus de difficultés à trouver un emploi stable en Tunisie », a souligné Alice Sironi, de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Au péril de leur vie, des milliers de personnes tentent régulièrement la traversée de la Méditerranée sur des embarcations clandestines, essayant de rejoindre l’Europe où ils espèrent notamment trouver du travail.

Les départs de Tunisie vers l’Italie se sont nettement accélérés ces derniers mois, sous l’effet conjugué de la pandémie, qui a fait flamber le chômage, et de la crise politique.

Le nombre de Tunisiens émigrant clandestinement en Italie, qui avait atteint un record après la révolution de 2011 avec plus de 20 000 arrivées, a ensuite fortement baissé. Mais il est reparti à la hausse depuis 2017.  

Sur les huit premiers mois de 2020, plus de 8000 Tunisiens ont atteint l’Italie, selon l’ONU.

Depuis le début de l’année et jusqu’à mi-septembre, 8581 personnes ont été interceptées alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Europe par la mer depuis les côtes tunisiennes, selon des statistiques du ministère de l’Intérieur tunisien. Parmi elles, 2104 étaient étrangères.

Selon le Forum des droits économiques et sociaux, une ONG tunisienne, les personnes originaires d’Afrique subsaharienne représentent presque un quart des départs, une proportion similaire à l’an passé.