(Kano) Au moins 57 personnes ont été tuées par des « bandits » dans une série d’attaques contre des villages du nord-ouest du Nigeria, ont rapporté mercredi des habitants.

Agence France-Presse

Quelque 150 hommes armés sur des motos ont tiré sur les habitants avant de piller les magasins et de voler le bétail dans une série d’attaques mardi contre six villages isolés de l’État de Katsina, selon ces sources.

« Nous avons perdu au total 57 personnes dans six villages », a déclaré à l’AFP un responsable local parlant sous couvert d’anonymat par crainte de représailles.

Dans le village le plus éprouvé, Kadisau, les « bandits », comme les nomment les habitants, ont tué 33 personnes, a dit l’un des villageois, Mohammed Salisu, qui affirme en avoir réchappé en abandonnant sa moto et en se cachant pendant les cinq heures de l’attaque et du pillage.

« Ils ont pillé toutes les échoppes et emporté 200 têtes de bétail », a-t-il assuré, précisant avoir lui-même perdu sept vaches.

Les attaquant ont fait feu sur un terrain de soccer où de jeunes hommes regardaient un match, a indiqué un résident d’un village voisin, Sada Audi.

Les habitants ont assuré que 24 autres personnes avaient été tuées dans les villages de Hayin Kabalawa, Garke, Makera, Kwakwere et Maiganguna.

Une vingtaine de personnes ont également été blessées par balle, selon les habitants.

Le nord-ouest du Nigeria est au cœur de violences de plus en plus importantes, menées par des groupes armés, appelés communément les « bandits » dans cette région, qui terrorisent les populations, volent le bétail et commettent des enlèvements contre rançon.  

L’armée nigériane lance régulièrement des opérations militaires aériennes, mais faute de présence des forces de sécurité dans la région, les populations, souvent encouragées par les pouvoirs politiques locaux, ont dû s’organiser en milices pour se défendre.

La semaine dernière, 21 personnes ont été tuées par des « bandits » dans une série d’attaques similaires.

Ces violences ont fait depuis 2011 8000 morts et plus de 200 000 déplacés.  

Les « bandits » n’agissaient jusqu’à présent sous aucune influence idéologique, mais l’International Crisis Group (ICG), et divers observateurs en sécurité s’inquiètent que le nord-ouest du Nigeria puisse devenir une « passerelle » entre les différents mouvements djihadistes du Sahel et de la région du lac Tchad, à l’est du Nigeria, où sévit Boko Haram.