(Tripoli) Au moins sept personnes ont été tuées mercredi dans l’explosion de mines en banlieue sud de la capitale libyenne Tripoli, alors que États-Unis ont appelé les belligérants à reprendre « rapidement » le dialogue sous l’égide de l’ONU pour établir un cessez-le-feu.

Agence France-Presse

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a salué la décision « très positive » du Gouvernement d’union libyen (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, et des forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, de renouer le dialogue.

Les forces du GNA, soutenues par la Turquie, ont multiplié les succès militaires ces dernières semaines, tandis que celles du maréchal Haftar, appuyées notamment par la Russie et dont l’offensive sur Tripoli a débuté il y a 14 mois, est en difficulté.

Samedi, après une rencontre entre le maréchal libyen et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Le Caire a lancé une initiative visant à établir un cessez-le-feu à compter de lundi. Le GNA n’y a toutefois pas donné suite.

« Des négociations rapides et de bonne foi sont maintenant nécessaires pour mettre en œuvre un cessez-le-feu et relancer les pourparlers politiques interlibyens sous l’égide de l’ONU », a déclaré Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington.

« Il est temps. Il est temps que tous les Libyens, dans chaque camp, passent à l’acte afin que ni la Russie ni d’autres pays quels qu’ils soient ne puissent s’ingérer dans la souveraineté de la Libye pour leur propres intérêts », a-t-il martelé, sans nommer directement la Turquie ou encore l’Égypte et les Émirats arabes unis, soutiens du camp Haftar.

Dans un communiqué mercredi, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) s’est félicitée de la reprise des discussions militaires entre les belligérants.

« La Manul est heureuse d’annoncer que les délégations du GNA et de l’Armée nationale libyenne (du maréchal Khalifa Haftar, NDLR) sont pleinement engagées dans le troisième cycle de pourparlers de la Commission militaire mixte », a dit le communiqué.

Confirmée lors du sommet international du 19 janvier à Berlin, la commission militaire conjointe est composée selon le format dit « 5 “5 », avec 5 membres représentant le GNA et 5 autres le maréchal Haftar.

La Manul a convoqué une première réunion le 3 juin avec la délégation des forces pro-Haftar et une deuxième le 9 juin, avec celle du GNA, selon le site de la mission onusienne.

Pour l’heure, aucune des deux parties n’a commenté ou confirmé l’annonce de la Manul.

« Réunions productives »

Les deux réunions, qui se sont déroulées virtuellement, ont  été « productives », permettant de recueillir les commentaires des deux parties sur le « projet d’accord de cessez-le-feu  présenté par la Mission le 23 février », a affirmé la Manul.

Mais sur le terrain, le conflit continue de faire des victimes. Au moins sept personnes ont été tuées et 10 autres blessées dans l’explosion de mines selon le ministère de la Santé du GNA.

Ces mines, « posées par les milices de (Khalifa) Haftar », selon le GNA ont explosé « à Ain Zara et Wadi al-Rabii », a dit à l’AFP le porte-parole de ce ministère, Amine el-Hachemi.

Les secteurs où se sont déroulés les combats ont été semées de mines antipersonnel en plus de grandes quantités de munitions abandonnées sur le champ de bataille, a-t-il ajouté.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011. Depuis avril 2019, le conflit a fait des centaines de morts, dont de nombreux civils, et poussé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile.

Le 3 juin, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé le recours aux mines antipersonnel par des forces loyales au maréchal Haftar dans le sud de Tripoli.

Après plus d’un an d’une offensive infructueuse sur la capitale, siège du GNA, les pro-Haftar se sont récemment repliés vers leurs bastions de l’Est et du Sud.