La Roumanie succèdera au Canada à l'issue de sa mission de paix au Mali, qui prend fin à l'été prochain, a annoncé jeudi la ministre canadienne des Affaires étrangères dans un communiqué commun avec son homologue roumain.

Mis à jour le 31 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La Roumanie fournira des hélicoptères de transport à la mission de paix des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à la fin du déploiement du Canada à Gao en 2019», a précisé Chrystia Freeland.  

La mission canadienne, déployée à Gao depuis juillet 2018 dans le cadre de la MINUSMA, doit s'achever fin juillet 2019.  

Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, a de son côté réaffirmé jeudi à plusieurs journalistes que le Canada ne prolongerait pas sa mission et quitterait le Mali comme prévu fin juillet.

La Roumanie «s'est engagée à nous remplacer», a-t-il souligné. «Ils travaillent dur pour que leurs forces soient approuvées par les Nations unies tout comme nous l'avions fait pour respecter le calendrier».

«Nous avons apporté quelques idées nouvelles qui rendent la mission plus efficace et nous avons hâte de coopérer» avec la Roumanie, a-t-il ajouté.

«L'engagement de la Roumanie à remplacer le Canada est un exemple de la coopération continue et étroite entre alliés de l'OTAN», a ajouté la chef de la diplomatie canadienne. Mme Freeland a précisé en avoir discuté avec son homologue roumain Teodor Melescanu lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique en décembre 2018.

La force canadienne comprend un contingent de quelque 250 militaires et de huit hélicoptères : trois hélicoptères Chinook (deux en service et un de rechange) qui servent aux évacuations médicales et au transport, ainsi que cinq Griffon (quatre en service et un de rechange) qui servent d'escorte armée et sont utilisés à des tâches défensives.

Déployée en 2013, après que le nord du Mali est tombé sous la coupe de djihadistes liés à Al-Qaïda, la MINUSMA compte près de 14 000 militaires et policiers.  

Elle est la plus coûteuse en vies humaines de toutes les opérations de maintien de la paix de l'ONU en cours avec près de 180 morts, dont plus d'une centaine dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des Casques bleus tués dans le monde depuis cinq ans.