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Centrafrique: l'ONU envisage d'envoyer 6000 Casques bleus

Des jeunes hommes patrouillent avec des armes près... (Photo Pacome Pabandji, AFP)

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Des jeunes hommes patrouillent avec des armes près d'une maison détruit par le feu, en octobre. La Centrafrique est livrée à une insécurité généralisée depuis le renversement du président François Bozizé le 24 mars 2013 par la coalition de la rébellion de la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute par son chef Michel Djotodia, investi comme président de transition le 18 août.

Photo Pacome Pabandji, AFP

Agence France-Presse

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon propose au Conseil de sécurité cinq options pour rétablir la sécurité en République centrafricaine (RCA), dont l'envoi de 6000 Casques bleus, dans un rapport qui souligne la «grave détérioration de la situation».

Basé sur une mission d'évaluation de l'ONU menée du 27 octobre au 8 novembre, le rapport déplore «un niveau alarmant de violence inter-communautaire», entre chrétiens et musulmans. Les affrontements entre ex-rebelles Séléka et milices «menacent de dégénérer en conflit religieux et ethnique à l'échelle du pays avec le risque d'aboutir à une spirale incontrôlable débouchant sur des atrocités», prévient M. Ban.

Face à ces risques, l'État est «pratiquement absent», les forces de sécurité impuissantes et quelque 15 à 20 000 ex-combattants du Séléka «continuent de commettre de graves violations des droits de l'homme en toute impunité».

Ce rapport sera examiné par le Conseil lundi prochain.

«Il est urgent de traiter cette crise avant qu'elle n'échappe à tout contrôle», affirme M. Ban qui «demande au Conseil d'autoriser une action collective immédiate pour protéger la population civile». «Il faut déployer d'urgence une force efficace, avec un financement durable et prévisible», estime-t-il.

En octobre, le Conseil avait adopté une résolution envisageant le déploiement à long terme de Casques bleus en RCA et demandant à M. Ban de préciser les options possibles.

L'idée est de soutenir la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique), une force de l'Union africaine (UA) censée sécuriser le pays, avant de la transformer éventuellement en mission de maintien de la paix. La Misca doit compter 3652 hommes au total mais seuls 2500 sont pour l'instant disponibles et ils sont mal équipés et entrainés.

Les cinq options détaillées par M. Ban vont d'un soutien logistique à la Misca, par l'intermédiaire d'un fonds géré par l'ONU et alimenté volontairement par les États membres, jusqu'à l'envoi de Casques bleus, en passant par une opération hybride comme celle menée en Somalie (Amisom, force de l'UA financée par l'ONU).

Une éventuelle opération de maintien de la paix (OMP) aurait un effectif allant de 6000 à 9000 soldats selon la gravité de la situation, plus environ 1700 policiers, estime le rapport.

S'il ne se recommande pas clairement une option, M. Ban ne cache pas que la Misca, même renforcée, sera moins efficace qu'une OMP.

«Quand on lit avec attention le rapport, on se rend compte qu'une force africaine ne serait pas capable de faire face aux enjeux et que seule une mission de mantien de la paix de l'ONU permettrait d'éviter le pire», estime Philippe Bolopion, directeur auprès de l'ONU de Human Rights Watch.

«Il est clair que Ban voudrait une OMP, estime un diplomate. Mais les Africains souhaitent gérer cette affaire eux-mêmes autant que possible, donc la première étape devrait être un fonds»  pour donner davantage de moyens à la Misca.

Selon des diplomates, la France devrait déposer d'ici début décembre un projet de résolution dotant la Misca d'un mandat plus précis et d'un soutien logistique et financier et demandant à M. Ban un nouveau rapport plus détaillé. L'éventuelle OMP serait lancée dans un deuxième temps, dans six mois environ.




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