Les combats se poursuivaient mardi au nord de Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), entre les rebelles du M23 et l'armée, alors que l'ONU a menacé de faire usage de la force pour protéger les civils.

Publié le 16 juill. 2013
Phil Moore AGENCE FRANCE-PRESSE

Le but des forces armées congolaises est «d'anéantir le M23», a affirmé à des journalistes sur place le porte-parole militaire pour le Nord-Kivu, le colonel Olivier Hamuli.

Après avoir évoqué des «combats sur plusieurs fronts», le colonel a fait état en début d'après-midi d'une «accalmie sur le terrain». Un habitant des quartiers nord de Goma a confirmé que les détonations d'obus de mortier entendues en début de matinée n'étaient plus audibles depuis midi.

Au nom des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), le colonel Youssouf Boneza, avait affirmé mardi matin par téléphone à l'AFP qu'il «tenait ses positions malgré les intenses bombardements en cours».

Ces affrontements se sont déroulés depuis dimanche après-midi  à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, autour des villages de Mutaho et de Kibati.

Mais les forces gouvernementales ont avancé et «maintenant nous sommes de l'autre côté de Kanyarucinya», a dit le colonel Hamuli à la mi-journée, évoquant une bourgade située sur les contreforts du volcan Nyiragongo où la Mission des Nations Unies pour la sécurisation du Congo (MONUSCO) dispose d'une base avancée.

L'ONU en état d'alerte

Les Nations unies, qui ont une forte présence militaire à Goma, la capitale du Nord-Kivu, ont annoncé au cours de la nuit à New York que les Casques bleus étaient en «état d'alerte».

La mission de l'ONU en RDC (Monusco) «se tient prête à prendre toutes les mesures nécessaires et cela comprend l'usage de la force armée dans le but de protéger les populations civiles», a averti Martin Nesirky, porte-parole de l'ONU. «Toute tentative du M23 de se diriger vers Goma sera considérée comme une menace directe contre les civils», a-t-il ajouté.

Lundi, le porte-parole du gouvernement à Kinshasa, Lambert Mendé, avait donné un bilan de 120 rebelles et 10 soldats tués. Aucune confirmation n'avait pu être obtenue auprès du M23 ni de sources indépendantes.

Rebelles et gouvernement se rejettent l'initiative des nouveaux combats, les premiers affrontements sérieux depuis novembre, quand le M23 avait mis l'armée en déroute et occupé Goma.

Le M23 est constitué d'anciens militaires congolais qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui - en hommes et en munitions - auprès des gouvernements ougandais et rwandais. Mais ces deux pays voisins nient toute assistance au M23.

Lundi soir, le Rwanda a accusé l'armée de RDC et la Monusco d'avoir «délibérément» bombardé deux villages rwandais frontaliers, où deux obus ont atterri sans faire de blessés.

«Faux et archifaux», a répliqué mardi le colonel Hamuli. Si ces tirs étaient avérés, a-t-il dit, ils  pourraient être le fait du M23 «afin de provoquer la colère des Rwandais et qu'ils viennent à leur rescousse».

Renforcement des défenses de Goma

L'ONU, comme l'armée régulière, ont renforcé au cours des derniers mois leur présence et leurs dispositifs autour de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.

En mars dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de mettre en place dans cette ville une brigade d'intervention à qui il a donné le mandat de neutraliser et de désarmer les groupes armés opérant dans l'est de la RDC.

Cette brigade est constituée au deux tiers et il était prévu qu'elle commence a opérer dans les prochaines semaines.

Ce renforcement militaire a été décidé parallèlement à une pression diplomatique sur toute la région avec la signature, en février, d'un accord-cadre à Addis Abeba. Tous les pays de la région s'étaient alors engagés à n'apporter aucun appui aux groupes rebelles.

En même temps, le gouvernement congolais et le M23 ont poursuivi à Kampala des discussions qui n'ont pas beaucoup avancé, Kinshasa refusant qu'elles soient élargies au niveau politique et social.