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Il y a 49 ans, Mandela était condamné à la prison à perpétuité

Nelson Mandela à Johannesburg, en 1952.... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Nelson Mandela à Johannesburg, en 1952.

PHOTO ARCHIVES AP

Sibongile KHUMALO
Agence France-Presse
Johannesburg, Afrique du Sud

Il y a tout juste 49 ans, Nelson Mandela était condamné à perpétuité par le régime de l'apartheid. Un anniversaire particulier pour ses trois co-accusés survivants alors que leur ancien chef est toujours hospitalisé dans un état grave.

Le 12 juin 1964, Nelson Mandela, alors âgé de 45 ans, a été condamné pour «sabotage» avec huit autres militants et sympathisants du Congrès national africain (ANC), engagés dans la lutte armée contre le pouvoir blanc.

Sept d'entre eux avaient été arrêtés près d'un an plus tôt dans une ferme de Rivonia, au nord de Johannesburg, qui servait de lieu de rencontre secret.

Mandela, qui dirigeait le MK - la branche armée de l'ANC -, était déjà sous les verrous depuis août 1962. Mais il a été confondu quand la police a trouvé son carnet sur les lieux.

Andrew Mlangeni, l'un des quatre survivants aujourd'hui âgé de 87 ans, se souvient du 12 juin 1964 «comme d'hier».

«C'est encore clair», a-t-il raconté à l'AFP. Ça a été «un tournant dans l'histoire de l'Afrique du Sud».

«Ce jour-là, Mandela a accepté son destin, et il a fait comprendre qu'il était prêt à mourir» pour son combat contre la ségrégation raciale, a relevé M. Mlangleni, qui est toujours député de l'ANC, désormais au pouvoir en Afrique du Sud.

Mandela était l'«accusé numéro un» dans le «procès de Rivonia», organisé à Pretoria entre octobre 1963 et juin 1964.

Tout répressif qu'il fût, le régime de l'apartheid était alors encore un État de droit, et Mandela a pu transformer la barre en tribune politique, attirant les regards sur lui et sur la lutte contre le régime ségrégationniste, au-delà des frontières.

C'est là qu'il a prononcé une plaidoirie en forme de profession de foi: «J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. (...) Si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

Mandela, Mlangleni et six autres activistes (dont le grand ami de Mandela Walter Sisulu et Govan Mbeki, père de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki) ont été condamnés à la perpétuité. Sept d'entre eux ont été envoyés sur l'île-bagne de Robben Island, au large du Cap.

Le huitième, Denis Goldberg, y a échappé. Il était blanc. Comme deux autres accusés qui ont été acquittés.

«En tant que suspect numéro un, nous nous attendions à ce que Mandela écope d'une peine sévère, mais une condamnation à la perpétuité a été un choc», a relevé Andrew Mlangeni, qui lui-même a ensuite passé vingt-six ans en prison.

«Des martyrs de la lutte des Noirs»

Comme Mandela lui-même dans ses mémoires, et comme de nombreux historiens, son compagnon de route estime que la pression de la communauté internationale leur a évité la potence.

«Je pense qu'ils ont transigé. Après tout, ils ne voulaient pas que nous devenions des martyrs de la lutte des Noirs!»

Mais pour l'analyste politique Zamikhaya Maseti, ce verdict a aussi eu un «effet démobilisateur» dans la lutte contre le régime ségrégationniste de l'apartheid.

«L'emprisonnement de leaders comme Mandela, Sisulu et Mbeki ont créé un vide parmi les dirigeants» de l'ANC, juge-t-il.

«Cependant, il faut voir aussi que le discours de Mandela à la barre n'était pas seulement destiné au pouvoir blanc sud-africain. Il s'adressait au monde entier. Il a réussi à attirer l'attention du monde... avant de disparaître pendant des décennies», a-t-il dit.

Nelson Mandela a ensuite passé vingt-sept ans en prison, dont dix-huit ans à Robben Island. Il est sorti libre le 11 février 1990, et a pu achever les négociations - débutées en secret dès 1986 - qui ont ouvert la voie à l'organisation d'élections démocratiques en 1994.

Ces élections lui ont permis de devenir le premier président noir du pays.

Au lendemain de l'hospitalisation de Mandela, dimanche, Andrew Mlangeni, avait été l'un des premiers à demander que les médecins ne s'acharnent pas pour le maintenir en vie.

«Il est temps de le laisser partir. (...) Sa famille doit le laisser maintenant, de façon à ce que Dieu puisse faire à sa façon», avait-il déclaré au Sunday Times.




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