Cette semaine, le département d'État américain a annoncé qu'une prime de 5 millions de dollars était offerte pour la capture d'Omar Hamami, un Américain natif de l'Alabama qui a rejoint un groupe affilié à Al-Qaïda en Somalie, en 2006. Le jeune rebelle, spécialiste des réseaux sociaux, a utilisé Twitter pour répondre à l'offre de Washington.

Nicolas Bérubé LA PRESSE

1) «Combien pour ma jambe?»

«Étant un peu à court de liquidités, combien vaut ma jambe gauche?», a lancé jeudi sur Twitter Omar Hamami, connu sous son surnom d'Al-Amriki (l'Américain). La veille, Washington avait annoncé que 5 millions étaient offerts pour des informations menant à sa capture. En novembre dernier, le jeune homme à la barbe hirsute avait été nommé par le FBI sur la liste des terroristes les plus recherchés. Hamami avait alors utilisé le réseau social pour «accepter [cet] honneur» et «remercier tout le monde».

2) Armé et dangereux

Hamami, 28 ans, s'est exilé en Somalie en 2006 pour rejoindre les islamistes shebab, un groupe affilié à Al-Qaïda qui cherche à renverser le gouvernement somalien, et que Washington a qualifié d'organisation terroriste. Le jeune homme originaire de la ville de Daphne, en Alabama, a servi de responsable de recrutement pour le groupe, enregistrant des chansons en anglais qu'il diffusait sur l'internet. Dans une chanson intitulée Send Me a Cruise (Missile), il chante: «Ce n'est pas un combat entre réussir ou mourir/c'est un combat entre réussir ou le paradis.» Une autre chanson intitulée Fais le jihad avec moi invite les gens à «attaquer l'Amérique, maintenant». Malgré l'aspect insolite de sa démarche, le département d'État affirme qu'il a pris part à des combats en Somalie, et juge qu'il est «armé et dangereux.»

3) «Rechercher la gloire»

Fils d'une mère baptiste et d'un père musulman d'origine syrienne, Omar Hamami s'est radicalisé durant ses études au collège. À 20 ans, il a épousé à Toronto une Canadienne d'origine somalienne, qu'il a abandonnée pour rejoindre, en Somalie, les groupes islamistes armés. Il y a quelques mois, les militants shebab ont diffusé un communiqué disant qu'Omar Hamami ne faisait plus partie de leur groupe, et ne parlait plus en leur nom. «C'est quelqu'un de narcissique qui recherche la gloire, et qui est déconnecté de la réalité sur le terrain», y lit-on. Dans une vidéo diffusée sur YouTube, Hamami a répondu en accusant les militants shebab de «vivre dans le luxe» avec l'impôt récolté par les guerriers auprès de la population somalienne, et d'être «uniquement préoccupés par la Somalie», et non le par le mouvement jihadiste mondial.