Une milice rebelle a annoncé dimanche se préparer à mener une nouvelle attaque dans le nord du Soudan du Sud, au lendemain d'une offensive qui a fait plus de 80 morts.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les forces de la SSLA (Armée de libération du Soudan, ndlr), sous le commandant du major général Bepean Machar, se dirigent vers l'État de Warrap pour le libérer du gouvernement corrompu de Juba», a prévenu dimanche soir le groupe rebelle dans un communiqué.

«La SSLA conseille à toutes les ONG et au personnel des Nations unies de quitter l'État de Warrap dans les trois jours pour leur sécurité», poursuit le mouvement.

«Nous conseillons également aux civils d'évacuer les villes et d'aller dans les villages afin d'être en sécurité», a-t-il ajouté indiquant que ses combattants se dirigeaient également vers Bentiu, la capitale de l'État voisin d'Unité.

Un avertissement similaire avait été lancé vendredi concernant l'État d'Unité, où 25 civils, 60 rebelles et 9 membres des forces de sécurité ont été tués dans des combats samedi, selon les autorités.

Le gouvernement du Soudan du Sud a démenti dimanche que les rebelles aient pris le contrôle de la ville de Mayom, dans cet État.

«Les (forces) de la SSLA ont été contenues et repoussées hors de Mayom, il n'y a aucun moyen qu'elles avancent vers (l'État de) Warrap», a déclaré le ministre de l'Information, Barnaba Marial Benjamin.

«Je ne pense pas qu'il y ait une menace sur (l'État de) Warrap», a insisté le porte-parole militaire, Philip Aguer, qui a assuré que l'armée contrôlait la ville de Mayom et les alentours.

Les autorités ont indiqué que des troupes supplémentaires avaient été déployées dans les deux États pour protéger les civils et surveiller la frontière avec le Soudan, qu'elles accusent de soutenir la SSLA.

M. Benjamin a annoncé que son gouvernement avait l'intention de déposer une plainte au Conseil de sécurité de l'ONU contre Karthoum, qu'il accuse d'attiser les violences contre les civils au Soudan du Sud.

La SSLA est une faction dissidente de la milice de Peter Gadet, un ancien officier sudiste qui s'était retourné contre ses alliés désormais au pouvoir au Soudan du Sud, indépendant depuis le 9 juillet.

Des combats entre l'armée et différents groupes rebelles ont fait des centaines de morts depuis le début de l'année.