Le gouvernement algérien maintient son projet, contesté par plusieurs députés, d'instaurer un quota de 30% de femmes sur les listes électorales, a déclaré dimanche le ministre algérien de la Justice Tayeb Belaiz.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le gouvernement maintient le taux du projet initial (30% de femmes) et s'oppose au taux de la commission juridique (de l'Assemblée populaire nationale, APN) qui l'a réduit à 20%», a déclaré le ministre.

Le Parlement algérien a commencé à examiner jeudi le projet de loi fixant à 30% le pourcentage de femmes sur les listes électorales, une disposition qui a suscité des réserves, sinon une franche opposition, jusque dans la majorité présidentielle.

Dimanche, le ministre de la Justice a énuméré les différents domaines où les femmes étaient à l'avant-garde et a interrogé les députés hommes, «car les femmes sont convaincues», comment ils pouvaient expliquer qu'une femme puisse être à la pointe partout et incompétente en politique.

«On accepte la femme (partout) et on a peur d'elle en politique» a ironisé le ministre en réponse aux nombreux députés masculins qui soutenaient qu'il n'y avait pas de femmes compétentes pour faire de la politique.

Répondant à ceux qui soutiennent qu'il faut y aller progressivement et commencer par 20%, le ministre a lu la liste des 10 femmes, aux noms algériens et européens, qui faisaient partie de l'Assemblée constituante à l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Il a ensuite lu celle des 7 femmes actuellement sénatrices, toutes nommées parmi le tiers présidentiel, et en a conclu qu'en 50 ans, on a appliqué la «progression inversée».

M. Belaiz a rappelé le parcours des femmes durant la guerre pour l'indépendence et a interrogé l'Assemblée sur le fait que «durant la révolution, quand elles allaient au feu, il n'y a pas eu d'hommes pour leur dire "restez à la maison". On les a laissées aller au feu».

«C'est un honneur pour moi de représenter le gouvernement pour un tel projet. La femme algérienne représente plus de 53% de la société, je vous laisse trancher en toute responsabilité», a conclu le ministre.

Ce projet, tout comme la demi-douzaine d'autres qui constituent le train de réformes présidentielles promises par M. Bouteflika le 15 avril, doivent être votés avant fin janvier, fin de la session d'automne qui sera aussi la dernière de ce parlement avant les élections législatives de 2012.