Le chef de l'opposition zambienne, le leader populiste Michael Sata, 74 ans, a prêté serment vendredi comme nouveau président, promettant de «combattre avec vigueur le fléau de la corruption», tandis que des centaines de sympathisants l'acclamaient devant la Cour suprême.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Moi, Michael Chilufya Sata dûment élu à la présidence de la République de Zambie, je jure d'accomplir mes devoirs de président avec diligence et j'accepte ma responsabilité sans peur et sans préjugé», a déclaré le nouveau président élu, lors de cette cérémonie retransmise en directe à la télévision publique nationale.

«Allez Sata, allez», criait la foule, massée au pied de la Cour suprême dont le président Ernest Sakala avait dans la nuit proclamé M. Sata, vainqueur face au président sortant Rupiah Banda, au terme d'un scrutin tendu et émaillé de violences qui ont fait au moins deux morts.

Dans sa première allocution, après la prestation de serment, M. Sata s'en est pris à la corruption qui «est un fléau dans le pays», a-t-il dit.

«Il y a un lien immense entre corruption et pauvreté. La corruption est moralement inacceptable et doit être combattue avec toute la vigueur qu'elle mérite», a-t-il ajouté.

L'ancien président Kenneth Kaunda, qui a attaché son nom aux 27 premières années d'indépendance sous le régime du parti unique, était présent, tout comme le perdant M. Banda, qui ne cessait d'essuyer des larmes sur son visage avec un mouchoir blanc.

Durant la campagne, M. Sata avait promis de faire le ménage en 90 jours.

À la foule joyeuse, il a rappelé que bien que la Zambie bénéficie d'abondantes ressources naturelles, la majorité de ses compatriotes vivent dans une pauvreté crasse et il a promis qu'ils verraient un changement dans leur vie dans 90 jours.

«Notre mandat est d'y aller et de monter des programmes pour améliorer le bien-être des gens et certaines choses que je vous ai promis, vous les verrez dans 90 jours», a déclaré M. Sata.

«Nous allons commencer par réduire la taille du gouvernement et ses dépenses», a-t-il déclaré.

M. Sata a aussi souhaité «la bienvenue aux investisseurs». «Sans vous, la Zambie ne pourra jamais se développer (...) et je promets de donner la priorité à la Zambie», a-t-il déclaré.

À l'extérieur de la Cour suprême, ses partisans, surveillés par quelques policiers à cheval ou en tenues anti-émeute, ont escaladé des murs et grimpé aux arbres pour tenter d'apercevoir leur héros.

Un lâcher de ballons et de colombes a ponctué la cérémonie qui a fait de M. Sata, le cinquième président de la Zambie depuis l'indépendance obtenue des Britanniques en 1964. Le pays n'a jamais connu de guerre.

Dans les rues, le camp du vainqueur paradait en transportant un bateau, symbole de campagne de M. Sata, avec dedans un petit garçon faisant mine de ramer.

M. Sata avait fait de l'Arche de Noé son symbole, comme en 2008 et on l'a vu à plusieurs reprises défilant juché sur un hors-bord tiré par une remorque sur lequel les Zambiens étaient invités à se réfugier pour échapper à la pauvreté et au sous-développement.