Une dizaine de personnes ont été arrêtées à la suite de la tuerie de dimanche qui a fait 39 morts dans un bar de Gatumba, une localité proche de la capitale Bujumbura, a annoncé mercredi le gouvernement burundais dans un communiqué.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Une dizaine de présumés auteurs du massacre et leurs complices ont déjà été appréhendés», selon un communiqué du conseil des ministres, parvenu à la presse mercredi.

La plupart de ces personnes ont été arrêtées à Gatumba.

«Il est ressorti que ce forfait a été commis par un groupe de personnes dont une partie venait de la République démocratique du Congo (RDC) et une autre résidant sur place», poursuit le communiqué.

Selon des sources concordantes, les ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL), qui sont soupçonnés d'être derrière cette attaque, ont leur base arrière dans l'est de la RDC voisine, où ils bénéficient de la complicité de groupes maï-maï.

«Le bilan a été lourd car on a dénombré 39 personnes qui y ont laissé la vie et une dizaine de blessés, actuellement soignés dans les hôpitaux», ajoute le texte. Lundi, le gouverneur de la province de Bujumbura (rural, à l'ouest), dont dépend administrativement la localité de Gatumba, frontalière de la RDC, avait fait état de 36 tués et plusieurs blessés au cours de cette attaque.

Les attaques, attribuées par les autorités à «des bandits armés» et par la population à une nouvelle rébellion, se sont intensifiées ces derniers mois à travers le Burundi.

La province de Bujumbura abrite le principal fief des FNL, un ancien mouvement de guérilla dont le leader Agathon Rwasa, entré en clandestinité à l'été 2010, est accusé d'être derrière ce regain de violence.

La résurgence de cette violence (affrontements entre police et bandes armées, exécutions sommaires) fait craindre une reprise des hostilités à une plus grande échelle.

Entre 1993 et 2006, une longue guerre civile a fait près de 300 000 morts au Burundi.

Gatumba, à 13 kilomètres à l'ouest de Bujumbura, avait elle-même déjà été le théâtre d'un massacre de quelque 160 réfugiés congolais tutsis en 2004,  revendiqué par le FNL.