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Présidentielle: les Algériens votent, Bouteflika veut une victoire sans appel

Le président Abdelaziz Bouteflika vote le 9 avril.... (Photo AFP)

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Le président Abdelaziz Bouteflika vote le 9 avril.

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Pierre-Yves Julien
Agence France-Presse
Alger

Le chef de l'État sortant Abdelaziz Bouteflika, grandissime favori à l'élection présidentielle en Algérie, a d'ores et déjà gagné son pari en obtenant jeudi une participation conséquente de 74,11% conforme à ses souhaits pour asseoir son 3e mandat, selon des chiffres officiels.

«Le taux de participation est de 74,11%», a annoncé dans la soirée le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni, un chiffre largement supérieur à celui enregistré à l'élection de 2004 (58,07%).

A la dernière élection présidentielle en 2004, ce taux était de 58,7%.

Plus de 20 millions d'Algériens devaient choisir leur président parmi six candidats, dont M. Bouteflika, dans un scrutin dont la participation était le principal enjeu.

Un service de sécurité «adapté» avait été mis en place pour surveiller les 46.577 bureaux de vote mais des incidents ont éclaté à Bouira (120 km au sud-est d'Alger) et des islamistes armés ont tenté une opération à Naciria, près de Boumerdès (50 km à l'est d'Alger), a indiqué M. Zerhouni sans autre précision. Il a également fait état de trois tentatives d'attentats à l'est d'Alger (Tizi Ouzou et Boumerdès) et à l'ouest (Tipaza).

Selon des habitants de la région, deux bombes ont explosé à Naciria près d'un centre de vote, blessant deux policiers. Deux autres engins ont été désamorcés.

À Béjaïa, en Kabylie, des jeunes ont aussi affronté les forces anti-émeutes.

Tout au long de sa campagne menée tambour battant, M. Bouteflika a appelé les Algériens à voter massivement.

M. Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, veut asseoir sa légitimité avec ce scrutin boycotté par l'opposition traditionnelle par un score au moins égal aux 84,99% des voix obtenu il y a cinq ans.

Peu connus du grand public, à l'exception de Louisa Hanoune qui peut s'appuyer sur son Parti des travailleurs (PT, trotskiste), les autres candidats manquaient d'assise face à M. Bouteflika, souligne la presse privée algérienne, unanime.

Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA, nationaliste), Mohamed Saïd (Parti de la Justice et liberté, PJL, islamique modéré), Ali Fawzi Rebaïne (AHD-54, nationaliste, 0,63% en 2004) ou Djahid Younsi (El Islah, islamiste modéré), ont tous quatre fait état dès l'annonce du taux de participation de «bourrage des urnes» et relevé «des cas de fraude».

Le président sortant a bénéficié d'un soutien sans faille des partis, organisations ou associations favorables à son troisième mandat pour sa campagne axée sur le bilan de 10 ans de pouvoir.

Promettant un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur cinq ans, la construction d'un million de logements et la création de trois millions d'emplois, il a aussi à réitéré la poursuite de sa politique de réconciliation nationale.

Entamée dès 1999 après «une décennie noire» déclenchée par les islamistes et qui a fait plus de 150.000 morts dans des meurtres, attentats ou massacres collectifs, cette politique a permis avec deux référendums de mettre fin aux violences et d'obtenir la reddition de milliers d'islamistes.

Visant ceux qui, éparpillés dans les maquis de certaines régions, poursuivent le combat au nom d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), M. Bouteflika a déclaré qu'un référendum trancherait sur une éventuelle amnistie pour ceux qui déposeraient définitivement les armes, tout en promettant une lutte acharnée contre les irréductibles.

Mais les Algériens semblaient plus préoccupés par les problèmes sociaux, dont l'augmentation du coût de la vie que par les problèmes sécuritaires.




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