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Guinée: un banquier comme Premier ministre

Le capitaine Moussa  Dadis  Camara.... (Photo: AFP)

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Le capitaine Moussa Dadis Camara.

Photo: AFP

Mouctar Bah
Agence France-Presse

La junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre en Guinée a nommé mardi un civil, le banquier Kabiné Komara, comme Premier ministre juste avant de rencontrer les représentants de la communauté internationale pour les convaincre du bien-fondé de son action.

«Est nommé Premier ministre, chef du gouvernement, Kabiné Komara, précédemment à la Banque Africaine d'Import Export (Afreximbank) en Egypte», établissement créé en 1993 pour favoriser le commerce entre les Etats africains, précise le texte.Les syndicats à l'origine des grandes manifestations hostiles au président Lansana Conté en janvier-février 2007 avaient déjà proposé M. Komara au poste de Premier ministre. Mais le président Conté, décédé le 22 décembre, avait alors choisi Lansana Kouyaté.

Agé d'une soixantaine d'années, M. Komara est peu connu du grand public en Guinée, qu'il a quittée il y a plus de 10 ans pour travailler à l'Afreximbank en Egypte. Il était attendu à Conakry mardi après-midi. Marié et père de trois enfants, il est réputé comme un homme de dossier et compétent.

Mardi matin, le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, a reçu, selon une source syndicale, plusieurs leaders syndicalistes, dont Rabiatou Serah Diallo, figure de la résistance au défunt président Lansana Conté, décédé le 23 décembre après 24 ans de pouvoir contesté.

La rencontre a eu lieu au camp Alfa Yaya Diallo, le plus grand du pays et quartier général des putschistes,

En début d'après-midi, les putschistes ont entamé une rencontre avec représentants de la communauté internationale, notamment les ambassadeurs des pays du G8, des représentants de l'ONU, du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale.

La junte a promis des élections en décembre 2010, soit à la fin du mandat du président Conté. Mais ce délai est jugé trop long par la communauté internationale.

La France, les Etats-Unis et l'Union européenne ont évoqué un délai de six mois, l'opposition guinéenne d'un an.

Interrogé pour savoir si la France condamnait le putsch, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet a répondu lundi, lors d'une visite à Dakar: «la France demande surtout que des élections puissent être organisées dans les délais les plus brefs».

«Il y a un certain nombre de contraintes techniques mais ce que nous souhaitons c'est que ces contraintes puissent être levées pour que les élections puissent être organisées le plus rapidement possible, pour qu'elles ne soient pas contestées».

Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait appelé vendredi la communauté internationale à «soutenir» la junte. Il s'agissait du premier soutien exprimé officiellement aux putschistes par un dirigeant étranger.

Mais l'Union africaine (UA) a de son côté suspendu lundi la Guinée des activités de l'organisation continentale après le coup d'Etat de la junte et ce jusqu'au «retour de l'ordre constitutionnel».

«Wade si près de la junte, si loin de l'Afrique», titrait mardi à la une le journal privé sénégalais Le Quotidien, selon lequel la «sanction» de l'UA envers les putschistes guinéens constitue aussi un «désaveu» du président sénégalais «qui a joué la carte +hors-la-loi+».

Samedi, lors d'une rencontre avec la société civile, syndicats et partis politiques, les putschistes avaient dénoncé d'un ton extrêmement ferme tous ceux qui s'en sont mis «plein les poches» sous le régime du président Conté (1984-2008), assurant que les «coupables de détournement» seraient «châtiés».




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