Bernie Sanders n'abandonnera pas la course à l'investiture démocrate après les cinq primaires démocrates de ce soir mais il «réexaminera» sa candidature, selon son principal stratège.

Publié le 26 avr. 2016
Richard Hétu

«Si nous sommes assis ici et qu'il n'y a aucune façon mathématique de (gagner), nous le reconnaîtrons», a déclaré Tad Devine au New York Times. «Si nous avons une très bonne journée, nous allons continuer à parler de la possibilité de gagner le plus grand nombre de délégués élus parce que nous nous nous acheminerons vers cet objectif. Si nous n'en gagnons pas assez aujourd'hui pour y parvenir à la fin, il sera difficile d'en parler.»

La déclaration de Devine tranche avec le stratagème évoqué la semaine dernière par le directeur de campagne de Sanders, Jeff Weaver. Celui-ci avait affirmé que le sénateur du Vermont était prêt à faire fi du nombre de délégués élus et du vote populaire pour tenter de remporter l'investiture démocrate en incitant les super-délégués à abandonner Hillary Clinton.

L'ancienne secrétaire d'État devrait gagner au moins trois des cinq États qui tiennent des primaires, dont les deux les plus importants - la Pennsylvanie et le Maryland.

Mais la déclaration de Devine ne répond pas à la question qui coiffe ce billet : Sanders suivra-t-il l'exemple de Clinton?

En 2008, après une course démocrate encore plus âpre et serrée que celle de 2016, Clinton avait offert un appui sans équivoque à Barack Obama. Or, Sanders a soulevé la colère de sa rivale hier en laissant entendre qu'il ne tenterait pas de convaincre lui-même ses électeurs de voter pour elle en novembre. Je cite sa déclaration lors d'une assemblée publique diffusée sur MSNBC :

«Et si la secrétaire Clinton gagne, il lui incombe de s'adresser aux millions de personnes qui ne croient pas aujourd'hui à la politique de l'establishment ou à l'économie de l'establishment, qui ont de sérieux doutes au sujet d'une candidate qui a reçu des millions de dollars de Wall Street et d'autres intérêts spéciaux. Elle doit aller vers vous.»

À son tour à la tribune, Clinton a offert cette réplique à Sanders, en faisant référence à la course de 2008 :

«Nous sommes arrivés en juin, et je n'ai pas posé de conditions. Je n'ai pas dit, 'vous savez quoi, si le sénateur Obama fait X, Y et Z, peut-être que je le supporterai.' J'ai dit, 'Je supporte le sénateur Obama, parce que peu importe quelles peuvent être nos différences, elles ne pèsent pas lourd par rapport aux différences entre les démocrates et les républicains.' C'est ce que j'ai fait.

«À l'époque, 40% de mes supporteurs disaient qu'ils ne voteraient pas pour (Obama). Ainsi, du moment où je me suis retirée jusqu'au moment où je l'ai mis en nomination - je l'ai mis en nomination à la convention de Denver - j'ai passé beaucoup de temps à convaincre mes supporteurs de l'appuyer. Et je suis heureuse de dire que la vaste majorité l'a fait. C'est certainement ce que j'ai fait et j'espère que nous verrons la même chose cette année.»

Bien sûr, une des grandes différences entre Clinton et Sanders est que l'une fait partie du Parti démocrate depuis le début des années 70, alors que l'autre a décidé de le joindre tout récemment parce qu'il lui paraissait opportun de faire campagne à la présidence sous sa bannière.