Autre soirée folle à Washington : le ministre de la Justice adjoint Rod Rosenstein a racheté sa réputation entachée en nommant un procureur spécial pour mener une enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

Publié le 17 mai 2017
Richard Hétu

L'ancien directeur du FBI Robert Mueller, un homme respecté par les démocrates et les républicains, a été choisi par Rosenstein pour accomplir cette mission délicate qui pourrait le mener bien au-delà de son mandat initial. C'est d'ailleurs pour cette raison que plusieurs républicains n'étaient pas enthousiastes à l'idée de nommer un procureur spécial. Ils n'ont pas oublié que le procureur choisi pour enquêter sur l'affaire Whitewater a fini par fouiller dans la vie sexuelle de Bill Clinton.

Rosenstein avait compromis sa réputation en préparant le document de trois pages dont s'est servi son patron, Jeff Sessions, pour recommander le renvoi le directeur du FBI James Comey à Donald Trump.

«Ma décision ne signifie pas que des délits ont été commis ou que des poursuites sont nécessaires», a souligné Rosenstein, dans un communiqué.

«Compte tenu des circonstances actuelles particulières, j'ai estimé que l'intérêt public demande de placer cette enquête sous l'autorité d'une personne qui exerce un degré d'indépendance vis-à-vis de la hiérarchie habituelle», a-t-il ajouté.

La nomination du procureur spécial a éclipsé une nouvelle pour le moins sensationnelle du Washington Post. Selon le quotidien, le numéro deux des républicains de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a fait état devant des collègues de ses soupçons selon lesquels Donald Trump était à la solde de Vladimir Poutine. Le président de la Chambre, Paul Ryan, a prié les personnes présentes de ne pas répéter à quiconque ce qu'elles venaient d'entendre.

Lorsque le Post a contacté McCarthy et cie, ceux-ci ont d'abord nié que ces propos avaient été tenus. Quand le journal a dit que la conversation avait été enregistrée, ils ont dit que le tout avait été dit à la blague. En voici quelques extraits dans le texte suivis de l'enregistrement :

McCarthy: The Russians hacked the DNC and got the opp research that they had on Trump.

McCarthy: laughs

[Crosstalk]

Ryan: The Russian's hacked the DNC...

McHenry: ...to get oppo...

Ryan: ...on Trump and like delivered it to...to who?

[Unintelligible]

McCarthy: There's...there's two people, I think, Putin pays: Rohrabacher and Trump...[laughter]...swear to God.

Ryan: This is an off the record...[laughter]...NO LEAKS...[laughter]...alright?! [Laughter]

Ryan: This is how we know we're a real family here.

Scalise: That's how you know that we're tight.

[Laughter]

Ryan: What's said in the family stays in the family.