Un couple de navigateurs français détenus depuis deux semaines par des pirates somaliens a été libéré dans la nuit de lundi à hier à la suite d'une opération militaire osée qui replace sous les projecteurs cette zone à haut risque.

Marc Thibodeau

Le président français Nicolas Sarkozy a expliqué hier qu'il avait autorisé l'intervention avant que les ravisseurs ne réussissent à ramener le voilier de 16 mètres des otages vers un port fortifié de la côte de la Somalie.

Le chef d'État a souligné que des membres des forces spéciales avaient réussi à prendre le contrôle du bateau en une dizaine de minutes après avoir échangé des tirs avec les pirates. L'un d'entre eux a été tué. Six autres ont été capturés pour être ramenés en France.

«Le crime ne peut pas payer. Personne ne peut accepter ça», a souligné M. Sarkozy, en se félicitant du message envoyé aux autres ravisseurs de la région.

L'intervention de l'armée française rappelle celle qui avait été réalisée en avril dernier pour libérer les otages du Ponant, un vaisseau de luxe français détourné par des Somaliens armés de mitraillettes et de lance-roquettes.

Une rançon de quelques millions de dollars avait été versée en vue d'obtenir leur libération avant qu'un commando n'intervienne, en territoire somalien, pour récupérer une partie de la somme et appréhender une demi-douzaine de ravisseurs. Ils sont aujourd'hui en attente de procès.

Les autorités de la région somalienne autonome du Puntland ont salué la nouvelle intervention française et invité les autres pays dont des ressortissants sont détenus «à faire la même chose».

Le gouvernement français réclame la création d'une «police des mers» regroupant des navires de plusieurs pays occidentaux pour escorter les bateaux circulant dans la zone.

Le Canada fournit actuellement un accompagnement de ce type pour les bateaux du Programme alimentaire mondial acheminant de l'aide vers la Somalie, où plusieurs millions de personnes dépendent de cet apport.