Le candidat républicain à la Maison-Blanche John McCain a intensifié ses attaques contre son adversaire démocrate alors que les observateurs s'accordent pour dire que Barack Obama a jusqu'à présent effectué un sans faute au cours de sa tournée internationale.

Mis à jour le 24 juill. 2008
Alain Jean-Robert

«J'ai eu le courage et le jugement de dire que je préférais perdre une campagne politique plutôt que de perdre une guerre. Il semble que le sénateur Obama préfère perdre une guerre afin de gagner une campagne politique», a dit M. McCain mettant apparemment en cause le patriotisme du candidat démocrate.

Le camp du candidat républicain n'a pas caché son dépit et sa frustration après que le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a apporté son soutien au plan de retrait des soldats américains d'Irak proposé par M. Obama. Alors que même la Maison-Blanche a évoqué la possibilité de mettre en place un horizon de retrait, M. McCain demeure le seul à encore s'opposer à un calendrier établi de retrait des troupes.

De réunion en réunion, M. McCain qui avait prévu de parler cette semaine de questions terre à terre sur l'économie, la santé et l'énergie, occupe l'essentiel de ses interventions à dénoncer la politique irakienne du sénateur de l'Illinois. «Il avait tort avant. Il a tort maintenant et il continue de refuser d'admettre que l'envoi de renforts a porté ses fruits. C'est remarquable!», a dit M. McCain.

Le candidat républicain a été l'un des premiers à réclamer l'envoi de renforts en Irak tandis que M. Obama s'y opposait.

Les critiques contre le candidat démocrate ont pris parfois un ton venimeux. Randy Scheunemann, principal conseiller de M. McCain pour les questions de politique étrangère a mis en doute au cours d'une conférence de presse téléphonique les compétences de M. Obama concernant les questions internationales.

«Sur quoi se basent les compétences de M. Obama? Ses fonctions à la commission des Affaires étrangères du Sénat où il n'a pas assisté à une seule réunion d'importance? Ses années comme parlementaire au Sénat de l'Illinois ou comme travailleur social à Chicago? Peut-être que son expérience internationale a été acquise quand il était lycéen en Indonésie ou au cours de ses voyages au Pakistan pendant les vacances scolaires. Peut-être que son expérience repose sur les comptes rendus de ses 300 conseillers en politique étrangère», a dit M. Scheunemann.

Le camp McCain a commencé à diffuser sur internet des spots mettant en doute l'impartialité des médias télévisés américains et accusé les journalistes d'être tombés amoureux du candidat démocrate. L'équipe du candidat républicain souligne que les présentateurs vedettes des trois principales chaînes de télévision américaines (ABC, NBC et CBS) accompagnent M. Obama au cours de sa tournée et rappelle qu'aucun d'eux n'était avec M. McCain lorsque celui-ci s'est rendu en Colombie et au Mexique au début du mois.

Les trois chaînes se sont défendues de toute partialité dans la couverture de la campagne présidentielle et ont pris soin d'accorder le même temps de parole aux deux candidats. Mardi soir, CBS a diffusé une interview de Barack Obama au cours de son journal télévisé du soir et diffusé au cours du même journal un entretien avec M. McCain. ABC s'apprêtait à faire de même mercredi soir.

Preuve que M. McCain n'est pas si maltraité par les médias qu'il le prétend, la chaîne MSNBC et plusieurs sites internet ont relevé mercredi que l'interview du candidat républicain diffusée sur CBS avait été tronquée en faveur de M. McCain. Dans l'extrait de l'interview non diffusé, M. McCain affirmait que le «Réveil» des sunnites irakiens contre Al-Qaeda n'aurait pu avoir lieu sans l'envoi de renforts américains.

Or, les combattants sunnites ont tourné leurs armes contre les affiliés d'Al-Qaeda dès septembre 2006, quatre mois avant l'envoi de renforts américains en Irak.