(Ottawa) Le Canada joue un rôle de premier plan dans un film censé paraître prochainement qui compte présenter les ambitions de la Chine à dominer le monde par le biais de la technologie — qui a été réalisé par le stratège de Donald Trump, Steve Bannon.

Joan Bryden
La Presse canadienne

Le film intitulé Claws of the Red Dragon, soit Les griffes du dragon rouge, est une fiction « inspirée » par l’arrestation par le Canada de Meng Wanzhou, une dirigeante de Huawei, et des mesures de représailles prises par la Chine, notamment la détention de deux Canadiens prétendument pour espionnage et les condamnations à mort prononcées à l’encontre de deux autres Canadiens reconnus coupables dans des affaires de drogues.

M. Bannon a déclaré que le film avait pour objectif de révéler les liens entre Huawei, qu’il décrit comme « la plus grande menace à la sécurité nationale » des États-Unis, et le gouvernement communiste chinois, qui selon lui, est « la plus grande menace existentielle à laquelle l’Occident ait jamais été confronté ».

Il a également clairement indiqué que son but était de renforcer la détermination du président américain Donald Trump à empêcher Huawei de mettre au point des réseaux sans fil de nouvelle génération, de crainte que le géant des télécommunications ne soit contrôlé par le gouvernement chinois et que ses équipements ne soient utilisés pour espionner ou saboter d’autres pays.

Le film doit sortir le mois prochain par la chaîne de télévision New Tang Dynasty, un membre du groupe Epoch Media, étroitement associé au mouvement spirituel Falun Gong et comprenant le journal The Epoch Times, pro-Trump et farouchement anti-Pékin.

Le film d’une durée de 54 minutes suit la journaliste fictive sino-canadienne Jane Li qui rend compte de l’arrestation par le Canada de la directrice financière de Huaxing Hi-Tech. Sur sa route, elle « met en lumière les liens de l’entreprise » avec le Parti communiste chinois et l’armée chinoise, selon un communiqué de presse publié par New Tang Dynasty.

Le film présente une distribution canadienne, y compris Eric Peterson.

Une bande-annonce du film, ponctuée de sons inquiétants, montre Eric Peterson, qui interprète un personnage du nom de James MacAvoy et ressemblant étrangement à l’ancien ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, qui rencontre un Canadien en détention se prénommant Michael.

Dans la vie réelle, les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor sont détenus en Chine depuis décembre. Ils ont été accusés d’espionnage peu après que le Canada ait arrêté Mme Meng, que les États-Unis veulent faire juger pour fraude et évasion des sanctions américaines imposées à l’Iran.

La bande-annonce montre également Peterson disant à quelqu’un qui ressemble beaucoup au premier ministre Justin Trudeau que les Chinois « ont condamné arbitrairement un Canadien à la peine de mort. On ne sait pas où ces représailles prendront fin ».

Dans le communiqué de presse de New Tang Dynasty, Steve Bannon qualifie le film d’« ouvrage de référence » arrivant à un moment opportun pour « dévoiler le fonctionnement interne » du Parti communiste chinois et de Huawei.

« Le communisme chinois est aujourd’hui la plus grande menace existentielle à laquelle l’Occident ait jamais été confronté, a déclaré M. Bannon. Huawei, le bras technologique et des télécommunications du Parti communiste chinois et de l’Armée de libération du peuple, constitue la plus grande menace à la sécurité nationale à laquelle nous ayons jamais été confrontés, car il s’emploie déjà à tenter de dominer la technologie mondiale par l’entremise des réseaux (sans fil) 5G et 6G. »

Steve Bannon a confié à Bloomberg plus tôt ce mois-ci qu’il espérait que le film serait projeté pour Donald Trump à la Maison-Blanche.