Avec l’hybride, le Graal de la voiture propre est-il enfin à portée de main ? Pas si vite. Plusieurs inconnues subsistent encore.

Éric Lefrançois
Éric Lefrançois COLLABORATION SPéCIALE

Avec l’hybride, le Graal de la voiture propre est-il enfin à portée de main ? Pas si vite. Plusieurs inconnues subsistent encore.

À lire demain sur monvolant: Ne répare pas un hybride qui veut

Voilà plus de 15 ans, Toyota conviait des journalistes spécialisés à découvrir, au pied du mont Fuji, une douzaine de prototypes aux modes de propulsion exotiques : énergie solaire, turbines, électricité...

À l’époque, la question de l’énergie n’était pas à l’affiche et d’aucuns avaient jugé ces ébauches futuristes. Mais, quelques années plus tard, Toyota lançait sur le marché ses premiers véhicules hybrides, combinant moteurs électriques et à essence, hissés depuis lors sur la plus haute marche du podium des innovations les plus marquantes au tournant du nouveau millénaire.

Depuis, l’hybride ne cesse de marquer des points auprès des constructeurs et séduit de plus en plus de conducteurs assommés par la flambée du prix de l’essence à la pompe. Cette technologie, plus économe en carburant et moins polluante qu’un moteur classique, n’est plus un phénomène de mode surmédiatisé, comme le prétendait l’ancien numéro un de Mercedes, Jürgen Schrempf, mais le véritable enjeu d’une bataille qui s’annonce planétaire.

Après hésitations, certains poids lourds de l’industrie automobile germanique, y compris Mercedes, s’engagent sur le chemin défriché dès 1997 par Toyota. Étendard du constructeur japonais en la matière, la Prius, lancée au tournant du siècle, constitue le vrai point de départ de la révolution hybride. L’idée : n’utiliser le moteur thermique que pour les vitesses supérieures à 20 km/h afin d’économiser du carburant. Le moteur électrique assure, quant à lui, la propulsion à bas régime et se recharge grâce à l’énergie récupérée lors du freinage.

Que se passe-t-il ?

On devrait se précipiter sur ces voitures, se bousculer même, en ces temps de carburant cher et de réchauffement de la planète. On pourrait penser que les modèles ainsi hissés sur le podium vont s’arracher. Eh bien ! pas du tout. À qui la faute ? Au constructeur visiblement incapable de maintenir un inventaire adéquat ou au consommateur qui songe, deux fois plutôt qu’une, au prix exigé et aux conditions pratiquées (taux d’intérêt, coût des pièces, etc.) ?

Dès lors, ces reines de la frugalité et de l’écologie connaissent des diffusions faméliques, parfois confidentielles. La technologie de ces championnes est-elle trop sophistiquée ou bien le prix payé pour obtenir ces performances est jugé trop élevé ou les deux à la fois ?

Même si, pour les constructeurs, le coût de revient diminue au fur et à mesure que l’hybride tend à se banaliser, reste que les économies réalisées ne profitent pas toujours aux consommateurs. On sait également très peu de choses sur l’efficacité à long terme de ces batteries qui, comme celles qui alimentent nos ordinateurs et téléphones portables, perdent de leur efficacité au fil des mois et des années. De quel ordre est cette perte ? Une question à laquelle les constructeurs tardent à répondre.

Les hybrides n’apportent pas la solution parfaite — la formule hybride oblige à emporter deux moteurs plus une grosse batterie, ce qui pèse, prend de la place et coûte. Mais allier l’essence et l’électricité permet de rendre malgré tout « économes » des voitures de grande taille, des familiales confortables, bien équipées, et peut-être même des 4 × 4 hybrides comme celui proposé par la filiale de luxe du nouveau numéro un mondial, le Lexus RX400h.

L’électricité devrait jouer un rôle croissant dans la propulsion automobile, mais en attendant il faut miser sur les progrès constants du moteur à explosion. Si l’on souhaite une voiture d’appoint, essentiellement urbaine, qui épargne nombre de passages à la pompe et se moque des hausses de prix du baril de pétrole, il y a des sous compactes très amusantes. Et avec lesquelles on peut jouer au nouveau jeu qui devrait faire fureur, maintenant que les vitesses sont limitées et que les forces de l’ordre sont sur le pied de guerre : battre des records d’économie de consommation.

Un jeu qui encourage un nouvel art de la conduite et qui rend la route moins monotone. Essayez et gagnez !

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