C'est jour de noces en l'an 1187 au domaine des Murmures. Mais Esclarmonde, jeune fille de 15 ans, se refuse à cette destinée imposée et choisira plutôt de se vouer à Dieu en s'emmurant dans la cellule d'une petite chapelle.

Marie-Hélène Bolduc LA PRESSE

Si les prémices de Du domaine des murmures peuvent rebuter certains lecteurs, Carole Martinez parvient à tisser un conte médiéval aux échos contemporains tout en finesse.

Cette fable superbement écrite nous entraîne tant dans la contemplation mystique et la fantaisie des légendes que dans la violence des croisades et des moeurs d'une époque où les femmes ne s'appartiennent pas. De sa tombe d'où jaillira la vie dans ce qu'elle a de plus sensuel et cruel, la jeune recluse fait entendre sa voix par-delà les frontières, par l'entremise des pèlerins venus de partout se confier à la prophétesse.

Et en interpellant directement le lecteur, la narratrice nous renvoie à l'isolement que nous imposent nos propres prisons volontaires.

Après Le coeur cousu, premier roman remarqué, Du domaine des murmures, parmi les quatre derniers finalistes du Goncourt, est un conte qu'on lit d'un seul souffle, pour peu qu'on se laisse toucher par la «caresse du verbe».

Du domaine des murmures

Carole Martinez

Gallimard, 208 pages

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