Jayne Mansfield, «symbole de l'ancien Hollywood, créature de Frankenstein lancée par la régie publicitaire de la Fox contre Marilyn Monroe», n'a pas été décapitée dans sa Buick le 28 juin 1967, comme le veut la légende.

Chantal Guy LA PRESSE

Mais sa mort brutale représente en quelque sorte la fin de l'âge d'or d'Hollywood pour Simon Liberati -auteur de L'hyper Justine en 2009- qui voit en elle la dernière «movie star». «Ensuite, écrit-il, jusqu'aux princesses sanglantes (Grace et Diana), on ne parlerait plus que d'overdoses et de meurtres». Liberati ne cache pas sa fascination pour cette icône kitsch, qui symbolise à la fois la quintessence et la décadence d'un star-system sur le point de muter en ce que l'on connaît aujourd'hui - les Paris Hilton et Lindsay Lohan ne sont que de pâles copies manufacturées de l'originale. L'écrivain voit presque en Mansfield la figure sacrificielle d'une époque révolue et c'est cette réflexion particulière qui fait de son livre un roman plutôt qu'une biographie, dont le style est un hommage évident à Kenneth Anger, auteur du sulfureux Hollywood Babylon, qui se lit avec la même coupable jouissance. Mansfield, c'est d'une certaine façon la perte de l'innocence, la mort du glamour pur, la fin d'une croyance en la magie des étoiles avant d'entrer dans la froide société du spectacle.

Simon Liberati, Grasset, 196 pages, Cote: ***1/2