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La réincarnation selon Bernard Werber

Un médium a dit à l'auteur Bernard Werber qu'il... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Un médium a dit à l'auteur Bernard Werber qu'il avait eu « plusieurs vies par le passé, 11 intéressantes et 100 banales ».

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Salon du livre de Montréal 2018

Arts

Salon du livre de Montréal 2018

Découvrez nos entrevues avec les écrivains et les moments forts du Salon du livre de Montréal 2017. »

Dans son dernier roman, La boîte de Pandore, Bernard Werber règle ses comptes avec les mensonges de l'histoire officielle. Son héros, prof de lycée désabusé, découvre les vies de ses anciennes incarnations - de l'Atlantide aux tranchées de 1914-1918, en passant par l'Égypte ancienne et le Japon des samouraïs - ... que l'auteur dit avoir lui-même vécues. La Presse l'a rencontré, alors qu'il est à Montréal pour le Salon du livre.

Quelle est la genèse de votre livre?

Comme journaliste scientifique, dans les années 80, j'ai écrit sur l'hypnose, le fait d'arrêter de fumer ou les chirurgies sans anesthésie. Quand je suis devenu écrivain, j'ai rencontré lors de dédicaces à Bordeaux un voisin qui avait écrit un livre sur l'hypnose et lui ai demandé de me l'enseigner. J'ai fait tenir une fille raide couchée les pieds sur une chaise et la tête sur une autre chaise. Mais moi, ça ne marchait pas, je gardais mon libre arbitre. Ensuite j'ai rencontré une médium qui m'a dit que j'avais eu plusieurs vies par le passé, 11 intéressantes et 100 banales. Comme romancier, j'aime les histoires, alors je l'ai écoutée. Enfin, en 1994, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a initié à l'hypnose régressive pour explorer nos vies passées. J'ai demandé à aller à ma vie où j'avais connu la plus grande histoire d'amour et me suis retrouvé dans une île. J'ai fini par déduire il y a 12 ans que c'était l'Atlantide. J'ai continué parce que, comme romancier, c'est un moyen de faire apparaître des histoires dans ma tête.

Cette réincarnation en Atlantide se retrouve dans votre roman. Et il y a en eu d'autres...

Il y a aussi la vie du samouraï. Mais depuis, j'ai fait beaucoup d'autres régressions. J'ai été une femme dans un harem en 300 avant Jésus-Christ en Égypte. C'était un petit harem, on était 40 et on s'ennuyait. J'ai aussi été un soldat anglais vers 1200, durant la guerre de Cent Ans. C'est un métier comparable aux intermittents du spectacle, aux figurants de films. Quelqu'un vous dit «mettez-vous là», on n'a pas de famille ni d'enfants. C'était étrange de ne pas pouvoir lire les noms de villes parce que j'étais analphabète, comme tout le monde avant. L'autre chose qui surprend, c'est la médecine. On faisait appel aux barbiers parce qu'ils avaient des rasoirs affilés et aux charpentiers parce qu'ils avaient des scies. On vit quand même à une époque formidable.

Vous dénoncez les mensonges de l'histoire officielle. Que pensez-vous du débat actuel sur les fake news?

L'histoire est écrite par les vainqueurs et par ceux qui sont capables de l'écrire. Les Gaulois n'écrivaient pas et les bibliothèques de Carthage ont été détruites par les Romains. Mais il ne faut pas tomber dans l'excès et faire du révisionnisme.

Votre héros est sur le point de prouver l'existence de l'Atlantide, mais voit sa quête compromise par l'intégrisme musulman. Que pensez-vous du débat actuel sur l'islamophobie?

Il me semble qu'il y a un retour de l'obscurantisme qui se manifeste dans le terrorisme, l'intolérance envers les autres religions et la croyance que les femmes ont un statut inférieur. C'est une nouvelle épreuve pour notre civilisation des Lumières. Ne pas mentionner l'islam quand un attentat est fait en son nom, c'est se mettre la tête dans le sable comme l'autruche qui va finir par se faire bouffer. C'est ce qui s'est passé à Rotherham, en Angleterre, où un réseau de Pakistanais a pu agresser 1000 jeunes filles parce que les autorités avaient peur que ça ait l'air d'être de l'islamophobie.

L'un de vos personnages dénonce les méfaits de la marijuana sur la mémoire. Sa légalisation dans plusieurs pays vous inquiète-t-elle?

Dès qu'on agit sur le cerveau ou sur le corps, on a un rééquilibrage. Les drogues douces ont un effet négatif doux, les drogues dures, un effet négatif plus dur. Il faudrait idéalement laisser les gens qui savent comment faire face aux problèmes en faire l'expérience, mais s'assurer que les gens fragiles n'en prennent pas. La marijuana amplifie les perceptions, mais est risquée pour les psychoses et donne des troubles de mémoire. J'ai écrit des passages des Thanatonautes, ceux qui décrivent la vie après la mort, après avoir fumé de la marijuana d'excellente qualité du Brésil, mais après j'ai eu des trous de mémoire et des difficultés de concentration.

On discerne un lien entre votre livre Le sixième sommeil et La boîte de Pandore.

Je m'intéresse à la découverte des frontières de la conscience. Jules Vernes explorait les frontières géographiques, la science-fiction, les frontières technologiques. Les vrais défis maintenant sont la conscience, les rêves, l'inconscient. Pour moi, Freud est un pionnier comme Christophe Colomb.

Un personnage de votre livre dit que tous sont prisonniers de leur propre légende, de l'histoire qu'ils se racontent. Quelle est l'histoire dont vous êtes prisonnier?

Je crois que je suis prisonnier de la légende de ma mère. Depuis que j'ai eu 3 ans, elle m'a dit que j'étais un génie, que je devais dessiner et aller vers les arts. J'ai essayé de lui plaire alors que je suis un type complètement normal. Je conseille d'ailleurs à toutes les mères de faire cela parce que c'est une manière de pousser leurs enfants à se dépasser.

Dans l'Atlantide, votre héros rencontre une société dont la conception du couple peut être qualifiée de moderne. Est-ce aussi la vôtre?

Je vois autour de moi beaucoup de couples en perdition. Avant, les gens mouraient à 50 ans, maintenant à 100 ans, alors ça impose une nouvelle manière de vivre ensemble pour les hommes et les femmes. On ne peut pas se promettre fidélité éternelle, sinon les deux étouffent.

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Bernard Werber sera au Salon du livre (kiosque 416) aujourd'hui, de 17 h à 18 h; demain, de 18 h à 19 h; samedi, de 10 h 30 à 11 h 30 et de 13 h à 14 h; dimanche, de 13 h à 14 h.

Les fourmis (1991)... (Photo fournie par l'éditeur) - image 2.0

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Les fourmis (1991)

Photo fournie par l'éditeur

Trois livres de Bernard Werber

Les fourmis (1991)Son premier roman lui a valu le renom. Il s'agit du début d'une trilogie qui raconte la société des fourmis et la possibilité pour les humains de communiquer avec elles.

L'encyclopédie du savoir relatif et absolu (1993)

C'est en quelque sorte un dictionnaire pour mieux comprendre l'oeuvre de Werber. Au départ composée de passages philosophico-scientifiques des Fourmis, elle a été revue et augmentée à une dizaine de reprises, dont cet automne.

Les thanatonautes (1994)

Ce récit alambiqué de communication avec l'au-delà, dont certains chapitres ont été écrits par «écriture automatique», arrive au deuxième rang parmi les favoris des lecteurs sur le site de Bernard Werber.




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