On appelle comédie de moeurs une comédie qui dénonce les valeurs, tendances et excès d'une société. Le premier roman d'Anna Raymonde Gazaille est en quelque sorte un «polar de moeurs»: sous les allures d'un roman policier classique, campé dans un Montréal très crédible avec ses jeunes inspecteurs enfants de la loi 101, il s'interroge sur les relations amoureuses à l'ère des sites de rencontres, l'invasion de la technologie dans les foyers, l'évolution affective des femmes de carrière...

Marie-Christine Blais LA PRESSE

Écrit d'une plume élégante et limpide, il évite nombre de clichés: pas d'inspecteur alcoolique au menu! Il a aussi le mérite de ne pas occulter le côté ennuyeux d'une enquête: on n'est pas dans CSI, ici.

Le problème, alors? Cette première enquête de Paul Morel, Tanguay, Cabrini, Ling Yao Désilets et Adil Gupta n'est justement ni vraiment un polar (bye-bye le suspense dès la moitié du livre) ni vraiment un roman.

Espérons que Gazaille tranchera en faveur du polar, car ses personnages comptent de nombreux atouts pour créer une nouvelle série policière québécoise, et qu'elle nous proposera vite une deuxième enquête.

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Traces. Anna Raymonde Gazaille. Leméac, 312 pages.