«Dans les temps troublés que nous traversons, où les dogmes s'affrontent, n'offrant de refuge que dans la séparation, j'ai voulu que Profanes soit le roman de ceux qui osent la seule liberté à laquelle je crois: celle, périlleuse, de la confiance», explique Jeanne Benameur sur le site d'Actes Sud.

Marie-Christine Blais LA PRESSE

Le protagoniste de Profanes, Octave Lassalle, ex-chirurgien de 90 ans, offre justement sa confiance à des inconnus soigneusement sélectionnés: anticipant la dépendance où il va un jour se trouver, cet homme lucide engage quatre personnes qui vont assurer des «quarts de garde» en fonction de leurs forces... et de leurs blessures.

Contrepoison au cynisme, épouvantail au désespoir, l'auteure de Profanes affirme et assume sa foi en ce sacré profane/profane sacré qu'est l'être humain.

Si le thème de la confiance en l'autre est dans l'air du temps (dont les récents films Intouchables et De rouille et d'os), Profanes va beaucoup plus loin, comme les quelque 30 autres livres de Benameur.

Oui, l'histoire est un peu cousue de fil blanc, mais heureusement équilibrée par la grande beauté de l'écriture et la profondeur lumineuse de sa réflexion.

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Profanes. Jeanne Benameur. Actes Sud/Leméac, 288 p.