Dans La page blanche, une des dernières nouvelles de son nouveau recueil, Sergio Kokis explique que «l'écriture est une forme d'artisanat et non pas un exercice hystérique de confession» de la part d'un écorché vif.

Josée Lapointe LA PRESSE

Cette affirmation n'est pas une surprise pour qui suit sa production annuelle, et ce recueil de 16 nouvelles qui met en scène des personnages à la croisée des chemins correspond à cette vision de la littérature.

Analytique, cérébral, ildissèque les pensées et les comportements humains: l'histoire d'un mineur qui sort miraculeusement vivant d'un effondrement se transforme en plaidoyer libertaire, plusieurs nouvelles déboulonnent les symboles de la religion catholique, d'autres décortiquent finement les obsessions qui peuvent mener à la folie et au suicide.

On ne va pas chez Kokis pour se détendre ou passer le temps, on le sait, mais cette succession de textes denses et touffus comporte très peu de moments d'allègement.

Et même s'il reste un raconteur intéressant, on peine parfois à suivre le fil de ses histoires dans cette mer de mots et d'idées.

Une légère déception, donc, après la réussite d'Amerika, son précédent roman, et on ne peut qu'espérer que Sergio Kokis reviendra plus recentré l'an prochain.

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* * 1/2

Cul-de-sac. Sergio Kokis. Lévesque éditeur, 245 pages.