L'auteure d'origine camerounaise Léonora Miano est devenue en quelques livres la romancière de l'identité black en France - son deuxième roman, Contours du jour qui vient, a remporté le Goncourt des Lycéens en 2006.

Josée Lapointe LA PRESSE

Blues pour Élise, roman éclaté qui raconte les destins croisés de quatre copines et de leur entourage, ne pourrait être que de la chick lit de couleur: c'est la quête de l'amour qui est au coeur de la vie d'Akasha, Amahoro, Shale et Malaïka.

On est pourtant loin de Sex and the City, car Léonora Miano aborde sur un ton intimiste des considérations beaucoup plus profondes, sur des sujets aux apparences parfois anodines: un débat sur la pertinence de se faire défriser les cheveux en devient un sur la fierté subsaharienne, un conflit mère-fille trouve son origine dans une culture ancestrale, des relations de couple tentent de s'établir dans l'équilibre et le respect.

Ces «séquences afropéennes» dressent ainsi un portrait très juste, pas misérabiliste du tout, d'une génération qui semble chercher encore ses repères et qui tente de se faire une place au soleil, confrontée au racisme ordinaire.

Il y a de l'argot dans ce livre, des moments parfois incompréhensibles pour les Québécois, mais il reste cette impression très forte qu'être femme et Noire en Occident, ce n'est toujours pas de la tarte. Mais qu'il y a de l'espoir.

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Blues pour Élise. Léonora Miano. Plon, 200 pages