Tout le monde chante les louanges de la médiation et plusieurs études scientifiques ont confirmé les bienfaits de cette pratique sur les niveaux de stress de ses adeptes. Mais comment fait-on pour méditer quand on est d'un naturel nerveux et agité? Quand on ne trouve pas une seconde dans son horaire pour s'isoler et relaxer? On commence où? L'auteur de Méditer à coeur ouvert nous parle de la puissance de cette pratique... et nous refile quelques trucs.

NATHALIE COLLARD LA PRESSE

Leçon numéro 1: Il n'y a pas de bon moment pour méditer

Certaines personnes attendent une grande épreuve de vie - cancer, perte d'un être cher - pour se mettre à la méditation, mais au fond, on peut commencer à méditer n'importe quand. «J'ai appris à méditer dans la vingtaine, avec les Tibétains, et aujourd'hui, je l'enseigne aux enfants, raconte Frédéric Lenoir. Quand j'étais jeune, j'étais anxieux, nerveux et très émotif. La méditation m'a permis de diminuer mon anxiété. Avant, je partais dans la colère et dans la peur tout de suite. Avec les années, j'ai appris à maîtriser mes émotions. Méditer est une force à n'importe quel moment de la vie.»

Leçon numéro 2: On ne devient pas zombie en méditant

«Il n'est pas question de se couper de ses émotions, observe le philosophe. Et il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions. Il y a de fausses joies comme il y a de bonnes colères - face à l'injustice, par exemple. Si je perds quelqu'un de très proche, je laisse la tristesse m'envahir, je ne la refuse pas. Par contre, je refuse la tristesse qui surgit quand j'apprends que les ventes de mon livre sont moins bonnes que j'espérais [rires]. C'est une émotion qui ne vaut pas la peine. Il faut discerner si, dans un contexte donné, une émotion vaut la peine d'être traversée ou s'il vaut mieux la mettre de côté. C'est une liberté de pouvoir créer une distance intérieure dans laquelle on apprend à observer nos pensées et nos émotions sans les suivre.»

Leçon numéro 3: On peut orienter sa méditation

«Je n'aurais jamais fait un livre de méditation si je n'avais pas quelque chose d'original à apporter à tout ce qui existe déjà, assure Frédéric Lenoir. Il y a deux formes de méditation : la méditation ouverte, pleine conscience, avec laquelle on ne cherche rien, on est simplement présent. Et il y a la méditation focalisée qui, comme le font les bouddhistes, consiste à orienter son esprit vers quelque chose qu'on veut développer: une qualité ou une vertu comme le pardon ou la bienveillance. C'est une méditation qui relie le coeur et l'esprit et qui donne une force extraordinaire.»

Leçon numéro 4: On commence une minute à la fois

«On peut méditer n'importe où : dans un taxi, dans une salle d'attente, en marchant, affirme le philosophe. On prend l'habitude d'être conscient de sa posture, de ses sensations. Quand on fait ça deux ou trois minutes dans la journée, qu'on prend une grande respiration et qu'on essaie de laisser passer les pensées, on s'habitue. Après, c'est plus facile de s'arrêter un quart d'heure pour le faire. L'idéal serait de méditer 10 minutes par jour au début, mais si on ne peut pas, on le divise en deux ou trois moments, ça revient au même.»

Leçon numéro 5: On médite tous les jours pendant 21 jours

«Faire de la médiation une heure par semaine, ça ne sert à rien, insiste Frédéric Lenoir. Il faut méditer tous les jours. Il a été démontré qu'il faut 21 jours au cerveau pour enregistrer une nouveauté. Après trois semaines de pratique quotidienne, ça devient plus naturel, la nouvelle habitude est prise, ça devient presque une dépendance. Une dépendance à la méditation, c'est quand même mieux qu'une dépendance à la drogue, non?»

Frédéric Lenoir est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Méditer à coeur ouvert, paru chez NiL. 

Méditer à coeur ouvert. Frédéric Lenoir. NIL. 112 pages.

Photo Fournie par la maison d'Édition

Méditer à coeur ouvert