Nous avons choisi de nommer Tremblay et Laberge parce qu'ils ont respectivement publié les romans Les clefs du Paradise et Mauvaise foi? Non, plutôt parce que les prises de position de ces deux écrivains renommés ont défrayé la une des médias et ébranlé les façons de faire de l'industrie du livre.

Publié le 22 déc. 2013
Marie-Christine Blais LA PRESSE

Appuyé par sa maison d'édition Leméac, Tremblay a décidé de maintenir le délai de carence imposé à Costco (et autres grandes surfaces) pour aider les librairies en leur assurant une exclusivité de son roman pendant quelques semaines. Costco, qui avait demandé la suppression de ce délai, a réagi en annulant la commande de 6000 exemplaires de Les clefs du Paradise. «Je ne fonctionne pas au chantage», a répliqué Michel Tremblay.

Les libraires ont salué le geste de Tremblay, mais ont bondi quand ils ont appris que Marie Laberge avait décidé de vendre elle-même la version numérique de Mauvaise foi et de tous ses romans sur son site internet.

Si certains libraires indépendants l'ont accusée de nuire au milieu littéraire québécois en sortant ainsi de la «chaîne du livre» traditionnelle, Marie Laberge a le mérite d'avoir porté sur la place publique les nouveaux paramètres de l'industrie littéraire: numérisation, dématérialisation de l'oeuvre, rôle de l'auteur dans ce nouvel environnement, etc.

Union passionnelle ou mariage de raison, les relations entre écrivains et marchands de littérature ne seront en tout cas plus les mêmes à l'avenir.