Femme et écrivain de légende, Marguerite Duras entre dans la prestigieuse Bibliothèque de La Pléiade (Gallimard) rejoignant, quinze ans après sa mort, les plus grands grands noms de la littérature, elle qui a su forger une langue à nulle autre pareille.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les deux premiers volumes des oeuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l'histoire d'une écriture. Par le biais d'épisodes ou de personnages récurrents, dont certains deviendront des mythes littéraires, ils mettent en place les cycles qui traversent son oeuvre, de l'Indochine de l'enfance à l'Inde du fantasme.

Née en 1914 près de Saigon, d'une mère institutrice et d'un père professeur de mathématiques, Marguerite Donnadieu se fixe définitivement en France en 1932. Elle se marie avec Robert Antelme en 1939, et publie son premier roman, Les Impudents, sous le pseudonyme de Marguerite Duras, en 1943.

Résistante pendant la guerre, communiste jusqu'en 1950, ayant activement participé au mouvement de Mai 1968, Marguerite Duras a développé une écriture protéiforme considérable : cinéma, théâtre, articles de presse, romans et récits. Elle est décédée le 3 mars 1996 à Paris.

Pour beaucoup, relève son éditeur dans La Pléiade Gilles Philippe, elle s'incarne dans un livre particulier: souvent Un barrage contre le Pacifique (1950) ou L'Amant (1984), parfois Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), ou encore dans un film et sa mélodie, India Song (1973).

Plus rares sont les lecteurs qui se représentent l'oeuvre dans sa continuité à travers l'évolution de son style et la diversité des genres: romans, nouvelles, théâtre, scénarios, films. C'est ce que permet la lecture de ses oeuvres complètes par ordre chronologique, témoignant de son inlassable exploration de l'écriture elle-même.

«Je parle de l'écrit, même quand j'ai l'air de parler du cinéma. Je ne sais pas parler d'autre chose», disait-elle.