Amélie Nothomb n'est pas la seule à donner un rendez-vous annuel à ses lecteurs : Kathy Reichs fait de même chaque automne... et trois fois plutôt qu'une cette fois-ci. Rencontre avec celle qui a troqué le scalpel contre le stylo.

Sonia Sarfati LA PRESSE

Kathy Reichs est toujours anthropologue judiciaire. Elle continue à travailler au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale de la province de Québec et, si elle oeuvre encore aux États-Unis, elle y choisit ses cas. La plus grande partie de son temps, à présent, elle la concentre à ses activités littéraires. Écriture, recherches, tournées de promotion, festivals, salons du livre (à son habitude, elle sera présente à celui de Montréal).

Prochainement, elle s'envolera aussi vers le Moyen-Orient où, en compagnie de quatre autres romanciers, elle ira rencontrer les soldats américains: «Le Pentagone organise cela, ils ont invité des auteurs populaires auprès des troupes», a-t-elle indiqué lors de l'entrevue qu'elle a accordée à La Presse afin de discuter de La trace de l'Araignée (Robert Laffont, en librairie le 13 octobre), 13e aventure de Temperance Brennan; de Crise (Oh! Éditions), un deuxième roman des «Viraux», série destinée aux adolescents et mettant en scène la nièce de la première, Tory; et de la série Bones, dont la septième saison sera diffusée à partir du 3 novembre.

Bref, Kathy Reichs écrit, publie, crée. Plus que jamais. «Avec ces trois séries, j'ai l'impression de raconter Temperance à différents temps de sa vie: deuxième partie de la quarantaine dans les romans, trentaine dans Bones et adolescence dans Les Viraux» - parce qu'à son sens, Tory est un peu l'incarnation d'une Tempe âgée de 14 ans.

Née l'an dernier, cette série est une «initiative» de Brendan Reichs, fils de la romancière, avocat comme son père et sa soeur, Kerry Reichs (qui a déjà trois livres à son actif, eux, couleur chick lit).

«Ils ont suivi les traces de leur père... maintenant, ils explorent les miennes», s'amuse Kathy Reichs qui, lorsque son fils lui a fait part de son idée de série jeunesse, a mis le pied sur le frein. Son horaire était déjà plus que bien rempli avec un «Tempe Brennan» à écrire par année (son contrat la lie pour 19, elle est en train de plancher sur le 15e) et 22 épisodes de Bones à éditer annuellement pour être sûre que la science et les techniques scientifiques y soient présentées avec exactitude. Perfectionniste un jour...

«Mais Brendan est persévérant et persuasif: il est avocat.» Il a convaincu sa mère d'écrire, avec lui, les aventures de Tory, nièce de Tempe, qui vit à Charlotte, qui a été contaminée par un parvovirus dans Viral, paru l'an dernier, et qui possède maintenant des pouvoirs extraordinaires - comme ses trois copains. «Nous avons fait beaucoup de recherches sur les virus, sur les changements qu'ils peuvent causer à l'ADN et sur les effets que ces changements peuvent avoir sur le cerveau, les sens.» Ainsi, la série donne dans la science-fiction et non le fantastique, afin qu'il y ait du plausible à sa base. Scientifique un jour...

Dans Crise, Tory et les Viraux mènent une course au trésor qui les conduit sur les traces d'Anne Bonny, une pirate qui a vraiment existé. Donc, recherches sur les pirates, sur le mythique Livre de Kells, sur l'art de construire des pièges, etc. L'écriture? Elle se fait à deux, du début à la fin. Et si le nom de Brendan n'apparaît pas sur les deux premiers tomes des «Viraux» (une décision de l'éditeur), il sera sur le troisième. Et Kathy Reichs de sourire fièrement à cette idée. Maman un jour...

Dire la même chose autrement

Ses solos, elle les fait «en compagnie» de Tempe Brennan. Qui, dans La trace de l'Araignée, passe par Hemmingford, la Caroline-du-Nord et Hawaii; exhume des soldats tombés au Viêtnam (pas hier, quoi) et s'intéresse à la pratique de l'autoérotisme - quand il tourne mal, disons: «Nous avons vu des cas assez... bizarres, au Laboratoire», note, toujours discrète, celle qui ne se lasse pas de faire des recherches et d'imaginer des enquêtes de plus en plus complexes pour son alter ego - qu'elle ne craint pas de mettre en danger.

En fait, ce qu'elle trouve le plus difficile, roman après roman, est «de présenter les personnages principaux et le métier: dire la même chose, de manière fraîche». Mais pas question pour elle de larguer le lecteur qui monterait à bord par un roman qui n'est pas le premier. Pas question non plus d'ennuyer ses fans de la première heure. Professionnelle un jour...

Crise

Kathy Reichs

Oh! Édition, 416 pages

En librairie maintenant

La trace de l'araignée

Kathy Reichs

Robert Laffont, 360 pages

En librairie le 13 octobre