Nouveau rebondissement dans la controverse entourant les Grands Prix littéraires Archambault depuis le retrait public de Gil Courtemanche comme finaliste, en appui aux journalistes en lock-out du Journal de Montréal. Geste que d'autres finalistes n'ont pas aimé apprendre la veille de la conférence de presse.

Chantal Guy LA PRESSE

Jean-Simon DesRochers, en lice pour le prix du public avec son roman La canicule des pauvres (Les Herbes rouges), après avoir critiqué la «méthode» de Gil Courtemanche - qui souhaitait que d'autres finalistes fassent le même geste - s'engage: s'il remporte le prix d'une valeur de 10 000 $, il versera la totalité de la bourse aux employés en lock-out du Journal de Montréal. «J'ai critiqué l'inélégance de l'invitation de Gil Courtemanche et relevé le paradoxe d'une liberté défendue au prix de celles des autres. Mais en aucun cas n'ai-je assumé de position définitive, écrit-il dans un communiqué envoyé à La Presse. Un engagement, dit-il, qu'il prend «tant par principe que pour des raisons d'ordre personnel».

«Subvenant à mes besoins grâce à un revenu fort modeste, je suis parfaitement en mesure de comprendre les nombreuses problématiques financières liées au fait d'être écrivain au Québec en 2010. C'est pourquoi, je souligne que cette décision n'engage que moi et que je refuse l'idée de lancer une quelconque surenchère.»

Joint au téléphone, Jean-Simon DesRochers soutient qu'il appuie le geste de Gil Courtemanche mais qu'il aurait préféré que l'écrivain attende le dévoilement des finalistes. «Je crois qu'une action concertée aurait été plus solide. Son geste était fort mais ponctuel, un one-shot deal. Il s'est braqué et, forcément, des gens se sont braqués contre lui.»

Le geste du jeune écrivain est, pour lui, une façon de maintenir le débat dans l'actualité. «Est-ce qu'ils vont me foutre en dehors du prix après ça? Aucune idée. Mais si des gens votent pour moi, ils votent pour une épine dans le pied de Quebecor aussi, c'est un rappel de leur problème éthique.»

Craint-il des représailles? «Rien à foutre. Je suis absolument contre la façon de faire de Quebecor, des exclusivités qu'elle réclame aux artistes. Je tiens à ma liberté d'expression, c'est ce qu'il y a de plus précieux pour moi, c'est pourquoi j'aurais apprécié que Gil Courtemanche attende de pouvoir communiquer avec tous les finalistes. Finalement, c'est un débat très émotif.»